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samedi 8 juillet 2017

Nora

//Histoire de romans//




Aujourd'hui, je vais vous parler d'écriture, et d'une bonne nouvelle (roulement de tambour) : après presque un an sans travailler dessus, encouragée par ma maman, je viens de reprendre un de mes romans, Nora !

« Il pleuvait. Hayley était assise devant la fenêtre. Malgré le livre ouvert qu'elle tenait distraitement, elle semblait absorbée par la contemplation des gouttes d'eau qui se faisaient la course le long de la fenêtre. D'où j'étais, je ne voyais que ses cheveux d'un roux flamboyant, comme les miens et ceux de Mum. Soudain, quelque chose dehors sembla attirer son attention.
« Enfin, murmura-t-elle pour elle-même, il est là. » »

Je l'ai repris il y a deux semaines. En effet, ça faisait longtemps que je n'avais pas touché à mes romans. J'ai eu besoin d'un certain temps afin de laisser mes idées reposer. Et puis, avec l'adolescence, j'ai évolué, ainsi que que ma vision de mes romans et de mon style d'écriture. Je n'ai néanmoins pas arrêté d'écrire, car je me suis intéressée à la poésie. Poèmes que je me suis essayée à illustrer avec certaines de mes photographies. (Vous pouvez d'ailleurs en retrouver certains sous ce libellé.)

J'ai décidé de le reprendre, et de l'améliorer, afin de pouvoir, une fois ce processus terminé, le finir.
Afin de bien commencer ma réécriture, je me suis inscrite sur Camp NaNoWriMo (pour National Novel Writing Month, mois national de l'écriture de romans). Avec ce site, on peut se fixer un but précis (par exemple, j'ai choisi d'écrire 10,000 mots) et tenter de l'atteindre en un mois, durant Juillet. Camp NaNoWriMo propose aussi un service de statistiques, afin de savoir combien de mots il faudrait (dans l'idéal) écrire chaque jour pour atteindre son but, le nombre de mots écrits par jour, etc... On peut également rejoindre des "cabines", sorte de groupe privé d'écrivains, afin de s'échanger des conseils et de s'encourager mutuellement.


//Réflexions sur la structure//



Comme je le disais dans cet article, j'ai commencé à écrire Nora quand j'avais 13 ans, et à présent, je me rends compte que j'avais oublié beaucoup de choses de la vie "pratique". À l'époque, je m'étais concentrée sur la construction de mes personnages, et sur les différents choix de l'intrigue. A présent, j'ai moins besoin de travailler sur ces facettes-là et, maturité aidant, je peux remédier au manque de détails pratiques !
Par exemple, je n'avais pas du tout pensé à la situation financière de la famille de Nora, ni à l'organisation de leur vie de tous les jours. J'ai aussi dû inventer un nouveau personnage, et complètement revoir les plans de leur maison.

J'ai repensé leurs conversations.
J'ai repensé leurs mouvements dans leurs espaces de vie.
J'ai repensé la fluidité de leurs interactions.
J'ai repensé la relation amoureuse d'un de mes personnages.
J'ai repensé leurs réactions.

Quand on écrit, il ne faut pas seulement penser à l'intrigue et à ses personnages, mais aussi à des tas de détails pratiques qui peuvent (parfois) prendre du temps et des recherches.

Il y avait aussi pas mal de dialogues et de situations burlesques qui ne me plaisaient plus du tout.
J'ai un jour lu (et mes deux bêta-lecteurs me l'ont recommandé) qu'un bon moyen d'écrire des dialogues qui soient vraiment "humains" est de lire à voix haute les conversations de ses personnages. Si elles ne sonnent pas juste, il faut réécrire, jusqu'à trouver le bon ton.


//Techniques de réécriture//



Afin de commencer ma réécriture, j'ai imprimé le premier chapitre, histoire de pouvoir l'annoter.

J'ai choisi un code couleur : violet pour ce que je veux garder ; bleu pour ce qu'il faut changer et/ou améliorer ; et orange pour ce qu'il faut supprimer.
Et puis, j'ai souligné toutes les phrases du chapitre 1 en suivant ce code, tout en rajoutant des notes dans les marges, histoire de me souvenir de ce qu'il faut que j'ajoute, par exemple.

Je n'ai plus qu'à faire la même chose pour les 16 chapitres restants, avant d'écrire la fin de l'histoire. (Sachant qu'en soi, j'ai déjà écrit environ les deux tiers de cette dernière.)


//Retrouvailles romanesques//



Pour être honnête, je dois dire que cela me fait vraiment plaisir de pouvoir retrouver mes personnages. J'avais oublié à quel point ils m'avaient manqué ! Je suis bien sûr en train de les travailler afin de les rendre plus nuancés, car certains d'entre eux étaient assez caricaturaux.

« Mum aime chanter quand elle est d'humeur joyeuse ou fantaisiste. Hayley a aussi ce genre de poussée, cette envie presque irrépressible, qui nous prend. Et si je dis « nous », c'est parce que je ne suis pas en reste ; je me surprends très souvent à fredonner, sans y avoir réfléchi, des chansons qui correspondent à mon humeur du moment. Ce qui pousse ma sœur à me dire quasiment tous les jours « Nora, tu chantes. » et moi à lui répondre « Désolée. Tu préfères que j'arrête ou juste que je baisse le son ? » »

Heureusement, cette réécriture s'annonce bien, et je suis vraiment contente de pouvoir retravailler, d'avoir replongé dans mon roman. Je n'ai pas l'impression d'enlever quelque chose à mon histoire en supprimant et en modifiant des paragraphes, mais plutôt de la polir, afin de la rendre meilleure.

Je vous donnerai bientôt d'autres nouvelles de mes écrits, et puis de nouveaux articles sont, bien sûr, à venir.

A bientôt !


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//A story of novels//



Today, I'm going to tell you about writing, and a good new *drumroll* : after almost a year without working on it, encouraged by my mum, I just picked up again one of my novel, Nora!

« It was raining. Hayley was sitting in front of the window. Despite the open book that she held in her hand, she seemed absorbed in the contemplation of the raindrops that were racing with each other along the window. From where I was, all I could see was her bright ginger hair, just like mine and Mum's. Suddenly, something outisde seemed to catch her attention.
« Finally, she whispered for herself, he's here. » »

I started working on it again two weeks ago. It has indeed been a long while since I opened my novels. I needed some time to let my ideas rest. And then, with adolescence, I evoluted alongside with the vision of my novels and my writing style. But I did not stop writing, since I found interest in poetry. Poems that I illustrated with some of my photographs. (You can find some of them by clicking here.)

I decided to rewrite it, and to make it better, so I can, once this process over, finish it.
So I can give my rewriting a good start, I registered on Camp NaNoWriMo (for National Novel Writing Month). With this webstite, you can set yourself a precise goal (for example, I chose to write 10k words) and then try to reach it in a month, during July. Camp NaNoWriMo also offers stats for your project, so you can know how many words you need to write per day in order to reach your goal, the number of words you have written per day, and so on... You can also join "cabins", which are kind of writer private group chat, so you can exchange writing tips and motivate each other.


//Reflexions on structure//



Like I was saying in this post, I started writing Nora when I was 13 years old and now, I realise that I forgot a lot of things of the everyday life. At the time, I was concentred on character and plot building. Now, I don't need to work on these aspects as much as before, and, ?? helping, I can rectify the lack of practical details!
For exemple, I didn't think at all about the financial situation of Nora's family, nor the organisation of their days, or of their agenda. I also had to invent a new character, and completely revise their house's plans.

I re-imagined the conversations.
I re-imagined their movements in their spaces of life.
I re-imagined the smoothness of their interactions.
I re-imagined the love relationship of one of my character.
I re-imagined their reactions.

When you are writing, you mustn't only think about the plot and your characters, but also about a lot of practical details that can (sometimes) take some time and research.

I also had quite a lot of burlesque dialogues and situations that I really didn't like when I reread it.
I read one day (and my beta readers recommended it to me) that a good way to write dialogues that truly are "humans" is to read out loud your characters' conversations. If they don't sound right, you have to rewrite them, until you find the correct tone.


//Rewriting techniques//



So I could start my rewrite, I printed the first chapter, in order to annotate it.

I colour coded it: purple for what I want to keep ; blue for what needs to be changed and/or improved ; and orange for what needs to be deleted.
I then highlighted all the sentences of the chapter 1 by following that code, while adding notes in the margins, so I could remember what I wanted to add, for exemple.

Now, I just have to do the same thing for the next 16 chapters, before I can write the end of the story. (Knowing that, in itself, I already wrote the first two thirds of the later.)


//Book-ish meetings//



To be honest, I have got to say that I really enjoy meeting my characters again. I had forgotten how much I missed them! I'm, of course, working to slightly modify them, for some of them were quite exaggerated.

« Mum sings a lot when she feels joyful or airy-fairy. Hayley also has this kind of thing, this almost irrepressible desire we have. And if I say "we", it's because they're not alone in this ; I very often find myself humming songs that fit my current mood. Which leads my sister to tell me nearly everyday: « Nora. You're singing. » and me to answer her: « Sorry. Would you prefer me to stop or just to lower the volume? » »

Luckily, my rewrite is going well so far, and I'm really glad I can work again, I can dive back in my novel. It doesn't feel like I'm taking something off of my story by deleting or changing paragraphs, but rather like I am polishing it, to make it better.

I'll give more informations about my writing soon, and, of course, more posts are to come.



See you soon!

jeudi 25 mai 2017

Ecriture et photographie #6

Bonjour à tous !

Me voici de retour (et pour de bon) sur ce blog avec de la poésie et des photographies.

Vous pouvez retrouver certaines de ces poésies sur mon compte Instagram @lechoixdezoe.




It is baffling
And beautiful
How light manages
To make everything
Look different
I still ponder
If light makes things
Beautiful
Or if it only lights up
A beauty that
Was already there
Maybe light
Only gives us eyes
To see what truly
Lays beyond and
Within ourselves
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
C'est déroutant
Et magnifique
Comment la lumière parvient à
Faire en sorte que tout
Ait l'air différent
Je me demande toujours
Si la lumière rend les choses
Belles
Ou si elle éclaire seulement
Une beauté qui
Était déjà là
Peut-être que la lumière
Nous donne seulement des yeux
Pour voir ce qui s'étend
Vraiment au-delà et
Au-dedans de nous-mêmes




Je ne crois pas
Pouvoir trouver un jour
Un sentiment plus paisible
Que celui qui emplit mes yeux
Quand la lumière
D'un soleil invisible
Accompagne jusqu'à mon cœur
Des voix familières
Que je recueille de mes mains
Tachées d'encre
Et de vent




I will stand proud
Daughter of the warmest smile
And cold restless hands
Dreamer of unfamiliar roots
And peculiar galaxies
Writer of my tiny mind
And fake histories
Heir of the scent of fresh grass
Unwritten words and chopped down trees
Queen of deserted kingdoms
And promised lives
And sole sovereign
Of my soul
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Je me tiendrais, fière
Fille du sourire le plus chaleureux
Et de mains froides et agitées
Rêveuse de racines inconnues
Et de galaxies particulières
Écrivaine de mon petit esprit
Et d'histoires fausses
Héritière de la senteur des herbes fraîches
De mots non-écrits et d'arbres abattus
Reine de royaumes désertés
Et de vies promises
Et seule souveraine
De mon âme




Les notes se glissent
S'allient entre elles
Se déguisent
Tournent en se tenant
Par le bout des doigts
Tu sais ?
S'éloignent
Mais elles reviennent
Toujours
Quelle que soit l'heure
Elles viendront
À toi
Tu sais ?
Et leurs échos
Accompagneront
Encore ton esprit
Tu sais ?




In the dancing sparks
The night's light
And the fading scent of flowers
Who can tell what our dreams will be made of?
Because dreams are the skin of yesterday's feelings
The soft hues of my memory
Guide these notes 'till
They're laying in front of me
I can't remember the last time
My hands let out something else
Than words that tumble like rain
Down my wrists
Down my arms
Who can tell what our dreams will be made of?
Because dreams are the skin of yesterday's feelings
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Dans les étincelles dansantes
La lumière de la nuit
Et l'odeur des fleurs, qui s'efface
Qui peut dire de quoi nos rêves seront faits ?
Car les rêves sont la peau des sensations d'hier
Les douces teintes de ma mémoire
Guident ces notes jusqu'à
Ce qu'elles soient étendues devant moi
Je ne peux pas me rappeler de la dernière fois
Où mes mains ont laissé sortir autre chose
Que des mots qui dévalent comme la pluie
Mes poignets
Mes bras
Qui peut dire de quoi nos rêves seront faits ?
Car les rêves sont la peau des sensations d'hier


Merci de vos commentaires, cela fait toujours plaisir. 😊


A bientôt !


samedi 4 mars 2017

Ecriture et photographie #5

Bonjour à tous !

Voici trois poésies en prose à lire accompagnés de trois de mes (trop nombreuses) photographies. 😃




Simples
Les choses qui font
Chanter mon être
Une forêt vide
Sauf d'oiseaux
Bribes d'une conversation
Accords d'une chanson inconnue
Souffle inaudible
De mes mains
Sur le papier



Il y a les couleurs
Familières
Qui le sont tant
Que l'on pourrait presque
Ne plus les voir
Et les couleurs
Vaguement étrangères
Qui s'accrochent à nos rétines
Et occupent nos nuits
Ces couleurs là
S'échappent des toiles
Et ne savent pas rester
En place




Les mots résonnent
Différemment
Ou plus exactement
Les mots diffèrent
Ils se tordent
Se déguisent
Tout cela pour jamais
N'être prononcés
De la même manière
Une seule fois


A bientôt !


dimanche 26 février 2017

Ecriture et photographie #4

Bonjour à tous !

Voici trois nouveaux textes et photographies. 😃



Parfois il n'y a qu'un pas
Entre la brume des souvenirs
Et la clarté de l'oubli
Il n'y a qu'un ruisseau
Entre les mots qui nous portent
Et ceux que l'on a inventés.



Je me demande
Devant l'immensité
Qui nous entoure
Comment savoir
Si tout n'est pas
Êtres.



Hiver
Cette senteur froide qui s'enroule
Qui prend doucement
Les mains
Avant de s'endormir
Calmée par un soleil inexistant
Et le ronronnement
Des étoiles



A bientôt !


samedi 11 février 2017

Ecriture et photographie #3

Bonjour à tous !

Me voici de retour avec, de nouveau, trois textes accompagné de mes photographies. 😊



Il y a des choses
Qui semblent
Sans qu'on les remarque
Faire tout leur possible
Pour être de ces
Détails qu'on ne voie
Qu'en regardant le monde
Attentivement.




Je me demande
Si le ciel
Change de couleur
Quand on le regarde
Différemment.





Ce n'est qu'au milieu des choses usées
Que l'on retrouve
Les rires en grelots oubliés
Des amis d'ailleurs
Parfois.



A bientôt ! 


lundi 6 février 2017

Ecriture et photographie #2

Bonsoir !

Voici un texte que j'ai écrit il y a quelques temps. Je le partage ici accompagné de certaines de mes photographies !



I am the one who talks out loud
I am the one whose words have wings
I am the one who finds out truth
I am the one who makes up lives
I am the darkness in which you can see the stars

I am the one who talks in riddles
I am the one who brings up light
I am the laughs in the east wind
I am the tears in the west rain
I am the smile in the north snow
I am the pout in the south sun

I am the other reflection in the mirror
I am the shadow in the corner of your eye
I am the creaking door in your back
I am the dearful hand on your shoulder
I am the night walking tip-toe

I am everything you can imagine
I am anything you can't
I am anywhere you shall go
I am everywhere you shan't
I am the path calling your feet

I am the voice in your dreams
I am the wind in your hair
I am the salty taste on your lips
I am your dearest ghost
Who shall haunt you forever
Always


For I am the one who have a thousand lives
I am the one who died a hundred times
I am the difference between what was and what will be
I am the one who touches the stars
I am the one who writes at night
I am the one who never do what she is supposed to.

I am the one who walked away
To be closer
I am the one who turned her head 'round
To face you better
I am the sigh of a recovering heart

I am the wild roaring of the sea
I am the soft whisper of the wind
I am the quiet purr of the fire
I am the deep echo of the earth
I am everything that'll make you sound

I am the pen on the paper
I am the writer of your story
I am the one whose skin is words
I am the one whose blood is ink
I am the only mystery worth solving




A bientôt !


samedi 31 décembre 2016

Ecriture et photographie #1

Bonsoir à tous !

Pour accompagner le passage à l'année 2017, voici trois textes (sans rapport avec le nouvel an, par contre !), accompagnés de mes photographies.



L'odeur des chemins
Du vent dans le brouillard,
Le bruissement de l'eau
Des lacs gelés,
Des lumières familières
Se reflètent sur mon visage ;
Et je réalise doucement
L'immensité complexe
De ce qui réunit et sépare.



Il y a toujours un lien.
Il y a toujours un fil ténu qui relie les émotions des minutes passées.
Le fil est tendu et les secondes se déroulent.
 Les feuilles volent, les fleurs fanent,
 la rivière remonte son cours.
Il y a toujours un lien qui fait tomber nos barrières.



Les notes arrivent et elle tourne la tête.
Les odeurs tournent, atténués par le verre.
Mains tourbillonnant dans la brume.
Le vent éclipse un soleil froid.
Et les notes s'enroulent dans les têtes.
Il y a tant de sensations à retenir.


Je vous souhaite à toutes et à tous une très belle année 2017 !

A bientôt !


lundi 19 décembre 2016

Alep et les mots de Bob Dylan

Bonjour à tous,

Aujourd'hui, je voudrais vous faire part de quelque chose qui me tient à cœur.

J'ai écouté, il y a quelques jours, une chronique de Nicole Ferroni sur la situation actuelle d'Alep, chronique qui m'a profondément émue.





Par la suite, j'ai également écouté "A Hard Rain's A-Gonna Fall" de Bob Dylan, chanté par Patti Smith à la cérémonie des Prix Nobel.
J'ai beaucoup aimé la manière de chanter de Patti Smith, avec les émotions à fleur de peau. Elle vit vraiment les paroles de ce qu'elle chante, ce qui permet "d'entrer" pleinement dans la chanson.



Je trouve cela à la fois attendrissant et étonnant de voir que même après tant d'années de carrière, Patti Smith soit nerveuse devant un public "important".


Voici les paroles :

Oh, where have you been, my blue-eyed son?
And where have you been my darling young one?
I've stumbled on the side of twelve misty mountains
I've walked and I've crawled on six crooked highways
I've stepped in the middle of seven sad forests
I've been out in front of a dozen dead oceans
I've been ten thousand miles in the mouth of a graveyard
And it's a hard, it's a hard, it's a hard, and it's a hard
It's a hard rain's a-gonna fall.

Oh, what did you see, my blue eyed son?
And what did you see, my darling young one?
I saw a newborn baby with wild wolves all around it
I saw a highway of diamonds with nobody on it
I saw a black branch with blood that kept drippin'
I saw a room full of men with their hammers a-bleedin'
I saw a white ladder all covered with water
I saw ten thousand talkers whose tongues were all broken
I saw guns and sharp swords in the hands of young children
And it's a hard, it's a hard, it's a hard, and it's a hard
It's a hard rain's a-gonna fall.

And what did you hear, my blue-eyed son?
And what did you hear, my darling young one?
I heard the sound of a thunder that roared out a warnin'
I heard the roar of a wave that could drown the whole world
I heard one hundred drummers whose hands were a-blazin'
I heard ten thousand whisperin' and nobody listenin'
I heard one person starve, I heard many people laughin'
Heard the song of a poet who died in the gutter
Heard the sound of a clown who cried in the alley
And it's a hard, it's a hard, it's a hard, it's a hard
And it's a hard rain's a-gonna fall.

Oh, what did you meet my blue-eyed son ?
Who did you meet, my darling young one?
I met a young child beside a dead pony
I met a white man who walked a black dog
I met a young woman whose body was burning
I met a young girl, she gave me a rainbow
I met one man who was wounded in love
I met another man who was wounded in hatred
And it's a hard, it's a hard, it's a hard, it's a hard
And it's a hard rain's a-gonna fall.

And what'll you do now, my blue-eyed son?
And what'll you do now my darling young one?
I'm a-goin' back out 'fore the rain starts a-fallin'
I'll walk to the depths of the deepest black forest
Where the people are a many and their hands are all empty
Where the pellets of poison are flooding their waters
Where the home in the valley meets the damp dirty prison
And the executioner's face is always well hidden
Where hunger is ugly, where souls are forgotten
Where black is the color, where none is the number
And I'll tell and speak it and think it and breathe it
And reflect from the mountain so all souls can see it
And I'll stand on the ocean until I start sinkin'
But I'll know my song well before I start singing
And it's a hard, it's a hard, it's a hard, and it's a hard
It's a hard rain's a-gonna fall.



Et leurs traductions :

Une pluie dure va tomber


Où as-tu été, mon fils aux yeux bleus?
Où as-tu été, mon cher petit?
J'ai trébuché sur le bord de douze montagnes brumeuses,
J'ai marché et rampé sur six chemins tordus,
J'ai pénétré au cœur de sept forêts tristes,
J'ai été à la rencontre d'une douzaine d'océans morts,
J'ai marché dix mille miles dans la bouche d'un cimetière,
Et c'est une dure, et c'est une dure, c'est une dure, c'est une dure,
Et c'est une pluie dure qui va tomber.

Qu'as-tu vu, mon fils aux yeux bleus?
Qu'as-tu vu, mon cher petit?
J'ai vu un nouveau né entouré de loups du désert,
J'ai vu un chemin de diamants avec personne dessus,
J'ai vu une branche noire dégoulinante de sang,
J'ai vu une pièce pleine d'hommes avec leurs marteaux qui saignaient,
J'ai vu une échelle blanche toute couverte d'eau,
J'ai vus dix mille bavards dont la langue était cassée,
J'ai vu des fusils et des épées effilées dans les mains de jeunes enfants,
Et c'est une dure, et c'est une dure, c'est une dure, c'est une dure,
Et c'est une pluie dure qui va tomber.

Qu'as-tu entendu, mon fils aux yeux bleus?
Qu'as-tu entendu, mon cher petit?
J'ai entendu le son du tonnerre, rugir un avertissement, 
Entendu le hurlement d'une vague qui pourrait noyer le monde entier,
Entendu cent batteurs dont les mains étaient en flamme,
Entendu dix mille chuchotements que personne n'écoutait,
Entendu une personne affamée, et entendu beaucoup de gens rire,
Entendu la chanson d'un poète qui mourait dans le caniveau,
Entendu le cri d'un clown qui pleurait dans la rue,
Et c'est une dure, et c'est une dure, c'est une dure, c'est une dure,
Et c'est une pluie dure qui va tomber.

Qui as-tu rencontré, mon fils aux yeux bleus
Qui as-tu rencontré, mon cher petit?
J'ai rencontré un jeune enfant aux côtés d'un poney mort,
J'ai rencontré un homme blanc qui promenait un chien noir,
J'ai rencontré une femme dont le corps brûlait,
J'ai rencontré une jeune fille qui m'a donné un arc-en-ciel,
J'ai rencontré un homme qui était blessé par l'amour,
J'ai rencontré un autre homme qui était blessé par la haine,
Et c'est une dure, c'est une dure, c'est une dure, c'est une dure,
C'est une pluie dure qui va tomber.

Que vas-tu faire, mon fils aux yeux bleus?
Que vas-tu faire, mon cher petit?
Je vais sortir avant que la pluie ne commence à tomber,
Je vais marcher au plus épais de la plus noire et épaisse forêt,
Où les gens sont nombreux et ont les mains vides,
Où les boulettes de poison ont envahi leurs eaux,
Où la maison dans la vallée ressemble à la prison sale et humide,
Où le visage du bourreau est toujours bien caché,
Où le désir est laid, où les âmes sont oubliées,
Où noire est la couleur, où zéro est le nombre,
Et je le dirai et je le penserai et je le raconterai et je le soufflerai,
Et je le projetterai de la montagne pour que chacun puisse le voir,
Et puis, je resterai sur l'océan jusqu'à ce que je commence à sombrer,
Mais je connaîtrai bien ma chanson avant de commencer à chanter.
Et c'est une dure, c'est une dure, c'est une dure, c'est une dure,
C'est une pluie dure qui va tomber.



(Je dois préciser que ces deux vidéos (surtout à la suite !) sont extrêmement émouvantes et que les mouchoirs n'ont pas été superflus...)


Et puis, quelques heures plus tard, ma maman m'a dit que Nicole Ferroni (qui poste toujours ses sources après avoir posté ses chroniques, ce que je trouve être un véritable travail de journaliste) avait posté une version traduite en anglais de sa chronique. Sa traduction venant de Google Traduction (qui peut être utile pour des mots isolés, mais se révèle assez peu apte pour les longs textes ou les expressions courantes) et n'étant donc pas vraiment juste, ma maman m'a proposé d'en faire une traduction moi-même, ce que j'ai fait avec plaisir.

La voici :

"WEDNESDAY 14/12/2016

-Nicole you are destitute...

-Yes, I am ... about the war in Syria.
The way I see it, whenever I speak of the war in Syria, I'm always in the false.
Because Syria is such a can of worms that:
If I say 'shame on Bashar al-Assad, on Putin': Yeah, that's it, Nicole, say you support ISIS.
If I say 'long live Bashar'... I tell myself I cannot decently say long live Bashar given the number of civilians who die...
To which some answer me: this may be the echo of manipulated European medias.

So, as far as I know, I am too lazy to read long articles that will manipulate me.

So, let me tell you how I proceed: two months ago I asked Google how to write Aleppo in Arabic.
This allowed me, on Twitter (this platform where tiny messages are published), to find people who present themselves as journalists following the conflict on the spot.

And this is how I recently started following the publications of a certain @HadiAladballah who presents himself as an independent journalist:
I follow him, because:
1) twitter gave him a small blue symbol to tell me that he really exists
2) that on the videos he shares, you can see his head on a background of Aleppo, well of ruins without photomontage, which means that this person has the merit and the courage to be on the spot.
3) this young man regularly follows the work of syrians white helmets, these civilians who save civilians... which makes me say that Hadi Alabdallah is at least a little on the side of the civilians...

So I decided to make this young man, 5 years younger than me, my little spyglass about the war in his country, but to tell the truth, I have no way of knowing whether he writes propaganda or truth.
Especially as often, I have no way of knowing what he writes at all, since Hadi always begins by publishing in Arabic.

And so, in a much less playful way than 'learn English with Dora', I have sessions of 'learn Arabic with the war'...

Here are his words:
Whole families buried under rubbles, civilian bodies scattered around the streets

We will not forget how the world forced Aleppo's people to choose b/w 2 equally bad options: collective death or mass exile
Until this morning:
Aleppo's people haven't slept tonight as they await the promised evacuation of the civilians and the wounded person. Nothing new...we keep on waiting.

Of course these are his words but I have nothing concrete to talk about.
The only thing I have is an old travel book "the back packers' guide" that my dad used when he went to Syria... in 2006.

And here is what you can read about Aleppo:

350 km away from the capital, Aleppo is the second largest city in the country. One of the great mythical cities of this world, but there's a fight between Aleppo and Damascus, for the envied title of "the oldest continuously inhabited city."
To sleep, the Hanadi hotel, quiet and very clean offer comfortable pink rooms (TV, fridge, air conditioning) which are organized around a yellow and sunny terrace...
To eat, the restaurant Al Koumma offers an oriental setting around coffee table which gives a very cozy atmosphere
And concerning the pastries, the Azrak pastry shop, on Altunyian street, on front of the Ugarit cinema, offers the famous Alepines, a pistachio, almond paste and sugar delight.
When I read that... I told myself: that, Hadi never talked about it...
And if you compare the phrases of Hadi in 2016 with those of the moustached man of the backpackers' guide of 2006, you feel that I have here something very concrete about the war of Syria...

That it to say that war is not so far away as that, that war is not a thing of them out there...
War can have the appearance of a here and now that we take and that we smash.
It is taking a present and reducing it to ash

It is to replace the cozy by terror and a chaos that leaves no room for sweetness, not even that of pastry. For war swallows all colors and puts black instead.
War is horror and it is not so far neither in space nor in time.

You're going to tell me : you're going to finish your column like that?

No, I will end up with a very small hole made by the words of my dad who, after being under bombardment when he was 8 years old, after being a soldier, now lives peaceful days, and has for the war a project for the future.

Sometimes, he said to me: You see Nicole, cannibalism, before, it was very widespread and now, we say "before, men ate each other, and it was called cannibalism".

And I hope that one day, who knows, war will be so far behind mankind that we will be able to say:
"before, men killed each other, and it was called war.""



Je trouve à la fois honteux et horrible que ce massacre soit actuellement en train de se produire et que pourtant si peu de personnes n'en parle et ne lève la voix.

Pour moi, traduire cette chronique est une façon de faire un geste (même s'il est insignifiant) et de ne pas rester indifférente devant la tragédie actuelle.

Voici donc un lien d'Amnesty International avec cinq choses à faire pour Alep. Ce n'est pas grand chose, mais c'est déjà ça !

Voilà, j'espère que vous vous sentez également touché(e)s par tout ceci,

Je mesure l'importance de vivre dans un pays en paix, de ne pas sombrer dans l'indifférence, et aussi de comprendre l'importance de la parole, même si c'est une action différente de celle sur le terrain, elle a aussi son intérêt.

J'ai écrit ce court texte car j'aime les mots, la chanson et l'humour. J'avais envie de partager dans mon (très) petit cercle ces mots et cette mélodie.


          A bientôt !