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dimanche 3 juillet 2016

Les rêveries du dimanche #20

Bonjour !

Tous les dimanches, nouvelle publication d'un récit (en langue française) d'un jeune romancier français, ou plutôt une jeune romancière française puisqu'il s'agit de moi : Zoé Herzine Hoibian-Labonne.
Je vous rappelle que j'ai 16 ans, que je suis instruite en famille pour le moment depuis 10 ans et que j'ai pour passion la lecture et l'écriture. Me voici donc apprentie écrivain de langue française. Vous pourrez me lire chaque dimanche dans mon récit de jeune romancier français en herbe !

Voici donc les rêveries du dimanche #20 !

Le premier épisode du feuilleton ici !
Et le deuxième ici !
Le troisième ici !
Le quatrième ici !
Le cinquième ici !
Le sixième ici !
Le septième ici !




Place du Beffroi
Lucie




Ce n'est qu'en finissant de m'habiller que je me rends compte que je vais être en retard. Je saisis mon manteau et me précipite dans les escaliers. Comme je m'y attendais, la galerie est déjà bien remplie. L'exposition devrait avoir du succès.
J'entre dans la galerie et souris aux quelques personnes qui me saluent. Je me dirige vers le buffet afin de prendre quelque chose à boire lorsque Catherine surgit de derrière moi et me dit à l'oreille.
-« Ah, tu es enfin là ! Regarde..., » continue-t-elle en me montrant du doigt un homme de dos.
Je le regarde sans vraiment comprendre.
-« C'est quelqu'un qui est venu voir l'exposition, c'est un peu pour ça qu'on est ici, non ? »
Catherine lève les yeux au ciel.
-« Ce n'est pas "quelqu'un", c'est Arthur ! »
Je jette un nouveau coup d’œil à mon amie, histoire d'être sûre qu'elle ne plaisante pas, mais son air sérieux m'interdit tout doute.
-« Qu'est-ce que tu attends ? Vas le voir !, » m'encourage Catherine.
-« Pourquoi ? On ne peut pas le laisser tranquille ?, » je ronchonne. « Et puis, qu'est-ce que je vais lui dire ? »
Mon amie hausse les épaules.
-« Ce que tu veux. N'importe quoi. Allez, vas-y !, » dit-elle en me poussant légèrement vers Arthur.
Je pousse un soupir inaudible et m'avance. Tout en franchissant les quelques mètres qui me sépare d'Arthur, je réfléchis rapidement aux premiers mots que je vais lui adresser. Arrivée derrière lui, je pose ma main sur son épaule, tout en regrettant aussitôt mon geste. C'est beaucoup trop familier, pourquoi ai-je fait ça ? Arthur se retourne, l'étonnement se peignant sur son visage. Je ne suis visiblement pas celle qu'il pensait trouver.
-« Je ne m'attendais pas à vous voir ici », dis-je en essayant de ne pas sourire.
Je vois bien que, devant moi, Arthur se creuse la tête afin de trouver quoi me répondre. Je n'ose pas le regarder dans les yeux tandis que lui, de son côté, ne s'en sort pas mieux. Au bout d'un silence qui me semble durer un siècle, il ouvre enfin la bouche, malheureusement tout ce qui en sort est un "ah" qui me laisse dubitative durant quelques secondes. Je souris avant d'expliquer.
-« Catherine m'a dit que vous étiez là. Je viens d'arriver. »
J'ai presque l'impression de m'excuser, comme si j'étais en retard à un rendez-vous. Je vois Arthur m'observer, toujours sans parler. Cherchant quelque chose à dire, je lui demande :
-« Alors, vous aimez la photographie ? »
Contrairement à ce à quoi je m'attendais, il a l'air surpris. Pourtant s'il est venu ce soir, c'est bien pour l'art, non ? À moins que... Non. Je chasse cette pensée de ma tête. Il n'est certainement pas venu ici pour moi.
-« Celle-là, oui », dit-il avec un geste de la main en direction des cadres accrochés aux murs.
-« Je n'ai pas vraiment pris le temps de regarder l'exposition en détail », je concède avec un sourire.
Maintenant que nous sommes bien lancés, je l'entraîne autour de la salle d'exposition. Je lui critique, à grand renfort de gesticulations, mes photographies préférées. Je pourrais continuer pendant des heures, mais Arthur prend soudain la parole.
-« Et si on sortait ? »
Je stoppe mon explication et regarde autour de moi, sans vraiment savoir ce qui me pousse à faire ça.
-« D'accord. »
Après tout, ce n'est pas une mauvaise idée. L'atmosphère de la galerie est devenue étouffante et une petite marche dehors ne me fera pas de mal.
Une bouffée d'air frais m’accueille une fois la porte refermée derrière nous. Bien qu'il ne soit que huit heures et demi, les rues sont presque vides.
-« C'est étrange, » dit soudain Arthur, « j'ai l'impression qu'une éternité s'est écoulé depuis ce matin. »
Sa réflexion me fait rire. Je ne partage pas vraiment son avis.
-« Moi, j'ai plutôt le sentiment que tout c'est passé très vite. »
C'est la vérité. Je n'ai pas vu le temps passer et les événements de ce matin auraient très bien pu se produire une heure auparavant. Profitant du ciel sans nuage, je lève mon regard vers la voie lactée. Une question me trotte néanmoins dans la tête et finit par franchir mes lèvres.
-« Je voulais savoir, qu'est-ce qui t'as vraiment poussé à venir vers moi au bar ? »
Je ne sais pas ce qui m'a poussé à tutoyer Arthur, mais je décide de ne pas me reprendre.
-« Eh bien, » commence-t-il doucement, « je ne te connaissais pas. Tu étais un nouveau détail dans ma routine du samedi matin. De plus, je voulais vraiment savoir ce que tu dessinais. Et puis... » Je le vois douter. « Et puis, tu es jolie. »
Je ne m'attendais pas du tout à ça et je m'arrête brusquement. Je sais que je suis en plein milieu de la route. Je m'en fiche. Ce n'est pas ce qui compte en ce moment.
-« C'est vrai ? » Je demande en me tournant vers lui. « C'est pour ça, et pas pour de "la curiosité mal placée" que tu t'es levé ? »
Je veux être sûre. Je veux savoir.
-« Oui. Oui, c'est ça. Je ne l'ai pas dit parce que je ne voulais pas être trop... insistant. » Il lève les yeux, comme s'il cherchait ses mots. « Et toi ? Pourquoi t'es-tu retournée ? Pourquoi n'es-tu pas partie ? »
Je regarde Arthur dans les yeux.
-« Parce que tu as parlé de maladresse, tu as dit « mais pourquoi suis-je aussi maladroit ? » ou quelque chose comme ça, tu te souviens ? Et la maladresse, ça me connaît. »
Il sourit à ma dernière phrase. La température s'est refroidie et je sens un frisson me traverser. Arthur me prend mes mains dans les siennes, geste qui me surprend, mais je ne laisse rien paraître. Ses mains sont chaudes.
-« J'ai froid », dis-je inutilement.
Je ne sais pas ce que ces deux mots amorce chez Arthur, mais après deux petites secondes, ses lèvres finissent contre les miennes. Il se reprend vite et nous nous séparons. Arthur baisse les yeux et se plonge dans la contemplation de ses chaussures. Je ne veux pas lui donner de faux espoirs et articule, la bouche vaguement pâteuse.
-« Je ne crois pas que ce soit une bonne idée. On se connaît à peine et puis, je viens de sortir d'une relation compliquée et je ne crois pas avoir envie de d'en commencer une autre. »
-« Je... », bégaie-t-il, « je comprends. Je comprends ce que tu peux ressentir, enfin je crois. »
Je lui souris une dernière fois avant de retourner vers la galerie. Ce n'est qu'après quelques mètres que je l'entends me crier :
-« Merci ! »

FIN


I Found (Amber Run)
(Cover sur ma chaîne YouTube !)


Et si vous voulez écouter le texte....



A bientôt !

dimanche 19 juin 2016

Les rêveries du dimanche #19

Bonjour !

Tous les dimanches, nouvelle publication d'un récit (en langue française) d'un jeune romancier français, ou plutôt une jeune romancière française puisqu'il s'agit de moi : Zoé Herzine Hoibian-Labonne.
Je vous rappelle que j'ai 16 ans, que je suis instruite en famille pour le moment depuis 10 ans et que j'ai pour passion la lecture et l'écriture. Me voici donc apprentie écrivain de langue française. Vous pourrez me lire chaque dimanche dans mon récit de jeune romancier français en herbe !

Voici donc les rêveries du dimanche #19 !

Le premier épisode du feuilleton ici !
Et le deuxième ici !
Le troisième ici !
Le quatrième ici !
Le cinquième ici !
Le sixième ici !




Place du Beffroi
Lucie





Catherine reste assise tandis que je pars vers la cuisine avec les restes de notre repas.
-« Tu viens au vernissage, ce soir, n'est-ce pas ?, » me demande mon amie depuis le salon. 
-« Oui, je pense, » dis-je en posant les assiettes dans l'évier. « Enfin, je ne suis pas totalement sûre... »
Catherine, qui vient de me rejoindre à la cuisine, me regarde avec des yeux ronds.
-« Comment ça, tu n'es pas totalement sûre ? Tu étais toute enthousiaste hier ! »
Je me tourne pour regarder mon amie dans les yeux.
-« J'ai un livre à finir et puis, je pourrais toujours venir voir l'exposition un autre jour, » j'argumente, tout en sachant très bien que c'est de la mauvaise foi.
Catherine fronce les sourcils.
-« Non, il y a autre chose... » Elle penche la tête sur le côté. « Je sais! Ce ne serait pas à cause d'Arthur ? »
J'écarquille les yeux.
-« Non, pas du tout ! Je ne vois pas ce qu'il vient faire là-dedans. »
En même temps, dans un coin de mon esprit, je sais qu'elle n'a pas tort. Je n'ai pas vraiment envie de sortir, parce qu'une partie de moi préfère rester tranquille et se construire des scénarios improbables sur cet Arthur avec lequel j'ai à peine échangé trois mots. Mais d'un autre côté, j'ai bien envie de sortir avec Catherine, de m'amuser et de ne plus penser aux hommes.
Mon dernier compagnon m'a récemment quitté pour une grande blonde pulpeuse qui riait bêtement à tout ce qu'il disait, y compris quand il lui demandait de lui passer le sel, bref une caricature vivante.
-« Alors ?, » dit Catherine en interrompant mes pensées.
-« Alors quoi ? »
-« Tu viens au vernissage, oui ou non ? »
Cette fois, je n'hésite pas.
-« Oui. Ça va être sympa. »
-« Et une bonne nouvelle ! », s'écrie mon amie en se dirigeant de nouveau vers le salon. « Il va falloir que tu trouves quoi te mettre, » continue-t-elle.
-« Oh, je crois que j'ai déjà ma petite idée... » Je souris. « Tu sais cette petite robe verte que je n'ai jamais porté ? C'est une bonne occasion pour enfin l'étrenner. »
Catherine rit.
-« Oh, je suis contente que tu aies décidé de venir ! Ce n'aurait pas été drôle sans toi. »
Elle prend son manteau et son sac.
-« Il va falloir que tu m'aides un peu, à la galerie, pour finir de préparer le buffet et les deux-trois petites chose qui restent à faire. Peux-tu venir ? »
-« Bien sûr, je finis de ranger et je te rejoins, » je la rassure.
Une fois Catherine sortie, je souris intérieurement en pensant à la soirée qui s'annonce. Quelques heures sans penser aux yeux verts d'Arthur ne me feront pas de mal.

Le dernier épisode : dimanche 3 Juillet...

Quelque Part Ailleurs (Axelle Red)
(Cover sur ma chaîne YouTube !)


Et si vous voulez écouter le texte....



A bientôt !

dimanche 5 juin 2016

Les rêveries du dimanche #18

Bonjour !

Tous les dimanches, nouvelle publication d'un récit (en langue française) d'un jeune romancier français, ou plutôt une jeune romancière française puisqu'il s'agit de moi : Zoé Herzine Hoibian-Labonne.
Je vous rappelle que j'ai 16 ans, que je suis instruite en famille pour le moment depuis 10 ans et que j'ai pour passion la lecture et l'écriture. Me voici donc apprentie écrivain de langue française. Vous pourrez me lire chaque dimanche dans mon récit de jeune romancier français en herbe !

Voici donc les rêveries du dimanche #18 !

Le premier épisode du feuilleton ici !
Et le deuxième ici !
Le troisième ici !
Le quatrième ici !
Le cinquième ici !




Place du Beffroi
Arthur




En m'approchant de la galerie de Catherine, je commence à percevoir des éclats de voix. Je suis un peu en retard, mais ça ne me dérange pas trop. Je préfère arriver quand il y a déjà du monde afin de ne pas trop me faire remarquer.
J'étais plutôt calme en partant de chez moi, mais à présent que je m'apprête à pousser la porte, mon cœur accélère sa cadence. Ça fait longtemps que je n'ai pas parlé avec une femme, du moins une qui me plaît, et je n'ai pas envie de tout gâcher.
La galerie est déjà occupée par une bonne vingtaine de personnes. J'essaie de repérer Lucie, mais je ne la vois nulle part. En attendant qu'elle arrive – et dans la mesure où je ne connais personne – je me contente de regarder l'exposition. Sur des fonds lumineux, souvent en contre-jour, se dégagent des visages en noir et blanc. Inconscients de l'objectif du photographe, ils regardent au loin. Je suis plongé dans la contemplation des photographies lorsqu'une main se pose sur mon épaule. C'est Catherine. Je réprime un petit sursaut. J'avais presque oublié que la raison première de ma venue ici n'est pas mon amour de la photographie.
-« Bonsoir Catherine », dis-je.
-« Bonsoir, Arthur. Tu es là depuis longtemps ? »
Honnêtement, je n'en ai aucune idée.
-« Non, je ne crois pas », je réponds pourtant.
-« Je suis contente que tu sois venu voir cette exposition », continue-t-elle.
J'ai la désagréable sensation qu'elle sait exactement pourquoi je suis ici. Je lui souris et me dirige vers le buffet. Je ne sais plus trop si je souhaite vraiment voir Lucie ou non. Je suis en train de peser le pour et le contre de la situation tout en grignotant distraitement des cacahuètes quand, pour la deuxième fois de la soirée, je sens une main sur mon épaule. Je me retourne, m'attendant à voir Catherine, mais ce sont les yeux bleus de Lucie que mon regard rencontre.
-« Je ne m'attendais pas à vous voir ici », dit-elle simplement, sans sourire.
Je ne sais quoi répondre. Moi si, c'est pour ça que je suis venu. Moi si, mais j'avais peur que vous ne veniez pas tout en ayant peur que vous veniez. Moi si, je suis même renseigné sur vous parce que, depuis ce matin, vous n'avez pas quitté mon esprit.
Toutes ces pensées (et bien d'autres) s'entrecroisent et tourbillonnent dans ma tête, de sorte que tout ce qui parvient à sortir de ma bouche est un "ah" très peu engageant. Je m'attends à ce que Lucie se montre étonnée de me voir ici, agacée de ma réponse, voire les deux, mais elle sourit avant de dire :
-« Catherine m'a dit que vous étiez là. Je viens d'arriver », ajoute-t-elle comme pour s'excuser.
Je lui rends son sourire, toujours sans rien dire. Je profite de notre silence commun pour l'observer un peu plus en détails, ce que je n'avais pas pris le temps de faire ce matin.
Elle a remonté sa chevelure en un chignon haut rehaussé d'une pique à cheveux, ce qui lui découvre la nuque et révèle un grain de beauté situé sous son oreille gauche. Elle est habillée simplement, d'une robe patineuse vert d'eau. Elle est plus petite que ce que j'avais pensé.
-« Alors, vous aimez la photographie ? »
La question de Lucie me prend légèrement au dépourvu.
-« Celle-là, oui », dis-je en englobant la pièce de la main.
-« Je n'ai pas vraiment pris le temps de regarder l'exposition en détails », avoue-t-elle sans se départir de son sourire.
Nous continuons à discuter tout en faisant le tour de la salle d'exposition. Contrairement à ce que j'avais imaginé, une fois lancé, les mots viennent facilement. Lucie s'intéresse, en plus du dessin, particulièrement à la photographie et prend son temps pour m'analyser ses clichés préférés. Je l'écoute sans vraiment prêter attention à ses paroles, me concentrant plus sur ses mimiques que sur ses mots.
-« Et si on sortait ? », dis-je soudain.
Lucie s'interrompt et regarde autour d'elle avant de répondre :
-« D'accord. »
Une fois dehors, nous nous éloignons un peu de la galerie, marchant côte à côte dans les rues presque vides.
-« C'est étrange », je commence, « j'ai l'impression qu'une éternité s'est écoulée depuis ce matin. »
Lucie laisse échapper un rire.
-« Moi, j'ai plutôt le sentiment que tout c'est passé très vite. »
Elle lève la tête vers les étoiles naissantes et dit :
-« Je voulais savoir, qu'est-ce qui t'as vraiment poussé à venir vers moi au bar ? »
Nous sommes presque à la sortie du village. Après les dernières maisons, les réverbères laissent la place à la nuit. Je viens juste de me rendre compte que Lucie me tutoie.
-« Eh bien, je ne te connaissais pas. Tu étais un nouveau détail dans ma routine du samedi matin. De plus, je voulais vraiment savoir ce que tu dessinais. Et puis... » J'hésite à laisser sortir cette dernière phrase. « Et puis, tu es jolie. »
Cette fois, Lucie s'arrête. En plein milieu de la route. Et elle se tourne vers moi.
-« C'est vrai ? C'est pour ça, et pas pour de "la curiosité mal placée" que tu t'es levé ? »
Maintenant que je l'ai exprimé à voix haute, ce sentiment me semble tellement plus simple à aborder.
-« Oui. Oui, c'est ça. Je ne l'ai pas dit parce que je ne voulais pas être trop... insistant. » Je ne suis pas sûr que ce soit le mot juste. « Et toi ? Pourquoi t'es-tu retournée ? Pourquoi n'es-tu pas partie ? »
Lucie pose ses yeux dans les miens.
-« Parce que tu as parlé de maladresse, tu as dit « mais pourquoi suis-je aussi maladroit ? » ou quelque chose comme ça, tu te souviens ? Et la maladresse, ça me connaît. »
Sa dernière phrase me fait sourire. Nous sommes deux maladroits qui ne savons pas quoi faire, debout au milieu d'une rue qui est déjà presque une route. Lucie commence à frissonner. Je prends ses mains dans les miennes. Elles sont glacées.
-« J'ai froid », dit-elle.
Et cette déclaration s'avère être le déclencheur de je ne sais quelle réaction qui me fait me pencher très légèrement en avant et l'embrasser.
Mais contrairement à ce qui passe dans les films, le temps ne s'arrête pas et un orchestre symphonique n'accompagne pas ce moment. Nous nous séparons et une bonne minute s'écoule avant que l'un de nous ne prenne de nouveau la parole.
-« Je ne crois pas que ce soit une bonne idée », articule Lucie. « On se connaît à peine et puis, je viens de sortir d'une relation compliquée et je ne crois pas avoir envie de d'en commencer une autre. »
-« Je... », commence-je, « je comprends. Je comprends ce que tu peux ressentir, enfin je crois. »
Finalement, après un dernier regard, nous reprenons notre route, moi vers ma ferme, et elle vers la galerie. Une seule fois, je me retourne pour lui crier :
-« Merci ! »

La suite : dimanche 19 Juin...

Hey There Delilah (Plain White T's)
(Cover sur ma chaîne YouTube !)


Et si vous voulez écouter le texte....



A bientôt !

dimanche 29 mai 2016

Rêveries des dimanches

Bonjour à tous !

A partir d'aujourd'hui, les rêveries du dimanche deviennent bihebdomadaires et paraîtront donc toutes les deux semaines.

Vous retrouverez ainsi la suite de "Place du Beffroi" la semaine prochaine.

Comme ça, j'aurais plus de temps pour travailler mes autres écrits et accomplir d'autres activités, car je ne fais pas qu'écrire !

A très bientôt, donc, sur ce blog !


dimanche 22 mai 2016

Les rêveries du dimanche #17

Bonjour !

Tous les dimanches, nouvelle publication d'un récit (en langue française) d'un jeune romancier français, ou plutôt une jeune romancière française puisqu'il s'agit de moi : Zoé Herzine Hoibian-Labonne.
Je vous rappelle que j'ai 16 ans, que je suis instruite en famille pour le moment depuis 10 ans et que j'ai pour passion la lecture et l'écriture. Me voici donc apprentie écrivain de langue française. Vous pourrez me lire chaque dimanche dans mon récit de jeune romancier français en herbe !

Voici donc les rêveries du dimanche #17 !

Le premier épisode du feuilleton ici !
Et le deuxième ici !
Le troisième ici !
Le quatrième ici !




Place du Beffroi
Arthur



Tandis que je compose le numéro de Marie-Louise, Nicolas me lance un « à bientôt, Arthur ! » avant de sortir. Je le salue de la main, avant de rapporter mon attention sur mon téléphone. Au bout de deux sonneries, la voix gouailleuse de Marie-Louise me répond :
-« Allô, Arthur ? »
-« Oui, c'est moi. Je ne te dérange pas, j'espère ?»
-« Non, pas du tout, ne t'en fais pas. Alors, qu'est-ce qu'il y a ? » Elle marque une petite pause. « C'est à propose de la fille avec laquelle tu as parlé ce matin ? »
J'aime la façon qu'a Marie-Louise de deviner ce que les gens veulent avant qu'ils ne le disent.
-« Exactement », j'acquiesce. « Je voulais juste savoir si, par le plus grand des hasards, tu ne connaîtrais pas son nom. »
Le rire de Marie-Louise me fait sourire.
-« Son nom et bien plus que ça ! », dit-elle non sans humour avant de rester silencieuse pendant un moment.
-« Alors ? », je demande en essayant de retenir une impatience montante.
-« Alors, elle s'appelle Lucie, pour commencer. »
Lucie. C'est un beau prénom, plein de lumière. J'avoue que je n'ai pas vraiment tenté de lui imaginer un prénom, je m'étais juste contenté de l'appeler "l'inconnue" dans ma tête. Lucie. Lucie.
-« Elle a emménagé ici il y a quinze jours, je crois, et elle n'est pas beaucoup sortie, c'est sans doute pour ça que tu ne l'avais jamais vu », continue Marie-Louise.
Mon cerveau se crée rapidement un film autour de Lucie dans son nouvel appartement, déballant des cartons remplis à craquer de dessins.
-« Elle habite où ? Si jamais ce n'est pas indiscret, je veux dire », je m'empresse d'ajouter afin de ne pas paraître trop intéressé. 
Au silence qui suit cette déclaration, je sais que Marie-Louise sourit. Son sourire est si large que je crois presque l'entendre à l'autre bout du fil. Le silence commence à s'éterniser. Je suis sur le point de répéter "alors" lorsque Marie-Louise est encore une fois plus rapide.
-« Tu vois la galerie d'art de Catherine Redda ? », me demande-t-elle avant d'enchaîner sans me laisser le temps de répondre : « Lucie habite juste au-dessus. Catherine et elle sont amies et il me semble bien que c'est Catherine qui lui a parlé de cet appartement en premier lieu. D'ailleurs, il y a un vernissage public ce soir, à dix-neuf heures trente. Lucie y sera peut-être ? »
Je n'arrive pas à déterminer si Marie-Louise est moqueuse ou sincère.
-« J'irais probablement y faire un tour », dis-je. « Merci pour la conversation, Marie-Louise. »
-« Mais de rien, Arthur. C'était un plaisir. »
Après avoir raccroché, je m'accorde cinq minutes de réflexion. Finalement, je sors de nouveau mon téléphone et envoie rapidement deux messages à Nicolas :
« Mon inconnue s'appelle Lucie et elle sera sûrement à un vernissage ce soir. »
« Et j'y vais. »

La suite : Dimanche prochain...

Les Choses Les Plus Simples (Gabriel Yacoub)
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A bientôt !

dimanche 24 avril 2016

Les rêveries du dimanche #16

Bonjour !

Tous les dimanches, nouvelle publication d'un récit (en langue française) d'un jeune romancier français, ou plutôt une jeune romancière française puisqu'il s'agit de moi : Zoé Herzine Hoibian-Labonne.
Je vous rappelle que j'ai 16 ans, que je suis instruite en famille pour le moment depuis 10 ans et que j'ai pour passion la lecture et l'écriture. Me voici donc apprentie écrivain de langue française. Vous pourrez me lire chaque dimanche dans mon récit de jeune romancier français en herbe !

Voici donc les rêveries du dimanche #16 !

Le premier épisode du feuilleton ici !
Et le deuxième ici !
Le troisième ici !




Place du Beffroi
Lucie




Il est plus d'une heure de l'après-midi quand je quitte le café. Je n'ai rien mangé, et la faim commence à se faire sentir. Mon sac sous le bras, je me dirige vers mon appartement. En passant devant la boulangerie, je remarque mon amie Catherine qui en sort.
-« Lucie ! », s'écrie-t-elle en me voyant. « Justement, je voulais passer te voir. Je n'ai pas encore mangé, alors j'ai acheté quelques petites gourmandises, mais je crois que j'en ai pris assez pour deux. As-tu mangé ? »
Je souris devant le flot de paroles de Catherine.
-« Non, pas encore. Dis-moi juste, quelles "petites gourmandises" nous as-tu réservé ? »
Mon amie hausse les sourcils à plusieurs reprises de manière comique, avant de répondre :
-« Surprise ! Je plaisante », ajoute-t-elle. « Des tartes aux sucres, des fricadelles que j'ai prise chez Bruno, du pain et un peu de fromage. Alors, comment s'est passé ta matinée ? »
Mon cerveau augmente un peu sa cadence, histoire de savoir par où commencer.
-« Eh bien, j'ai principalement dessiné », dis-je simplement.
Mais Catherine n'est pas dupe.
-« Principalement ? », appuie-t-elle.
-« J'ai un peu parlé avec un homme, mais ne t'emballes pas ! », j'ajoute afin de couper court au exclamations de mon amie.
-« Alors, de quoi s'agit-il ? », s'exclame-t-elle.
Finalement, je décide de lui faire part des événements .
-« J'étais à ma table et cet homme s'est levé vers moi pour savoir ce que je dessinais. Au début, je n'ai pas voulu, puis je l'ai laissé voir. »
-« Et ? », demande Catherine, impatiente.
-« Et c'est tout. Il m'a dit que c'était beau, puis il est parti. Je ne connais même pas son nom. »
Catherine soupire.
-« Décris-le moi. Avec un peu de chance, je le connais. »
-« Il a les cheveux châtains clairs, les yeux verts, pas mal de taches de rousseur. »
Je tente de me remémorer plus de détails.
-« Il était plutôt musclé, il m'a un peu fait penser à un paysan et quand il est parti, c'était sur un vélo vert. C'est tout ce dont je me souviens », j'admets avec une grimace.
Je ne pense pas que Catherine pourra tirer grand chose de ces informations. Mais le visage de mon amie s'éclaire tandis qu'elle s'exclame :
-« Mais je le connais ! Espèce de petite veinarde ! », sourit-elle. « Il s'appelle Arthur, il vit un peu en dehors du village, il élève des vaches, il a une petite cicatrice à l'avant-bras droit et il est célibataire. »
Je m’apprête à demander à Catherine si elle est certaine de ce qu'elle avance, mais elle continue :
-« En fait, il est célibataire parce que toutes les femmes qu'il a connu sont parties ; je ne sais pas pourquoi. C'est vrai qu'au premier abord, il est d'une timidité maladive, mais une fois qu'on le connaît mieux, ça se calme. Et puis, il est quand même craquant ! »
Je ne peux m'empêcher de rire devant la verve de mon amie. Catherine est (presque) toujours enthousiaste quand il s'agit d'évoquer la vie des gens qu'elle apprécie.

Pendant que Catherine me raconte les derniers détails de la vie de cet Arthur, je me remémore notre rencontre. Ce n'est que lorsque je manque de prendre la porte de mon appartement dans la figure que je me rends compte que nous sommes arrivées. Tandis que j'ouvre la porte, Catherine brandit ses sacs et lance :
-« Assez parlé de garçons ! À table! »

La suite : Dimanche prochain...

New Soul (Yael Naïm)
(Cover sur ma chaîne YouTube !)


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A bientôt !

dimanche 17 avril 2016

Les rêveries du dimanche #15

Bonjour !

Tous les dimanches, nouvelle publication d'un récit (en langue française) d'un jeune romancier français, ou plutôt une jeune romancière française puisqu'il s'agit de moi : Zoé Herzine Hoibian-Labonne.
Je vous rappelle que j'ai 16 ans, que je suis instruite en famille pour le moment depuis 10 ans et que j'ai pour passion la lecture et l'écriture. Me voici donc apprentie écrivain de langue française. Vous pourrez me lire chaque dimanche dans mon récit de jeune romancier français en herbe !

Voici donc les rêveries du dimanche #15 !

Le premier épisode du feuilleton ici !
Et le deuxième ici !




Place du Beffroi
Lucie



Je lève la tête de mon dessin quelques secondes afin de remercier d'un sourire la patronne du bar qui m'apporte mon café. Après en avoir pris une gorgée brûlante, je me mets de nouveau au travail. En une heure, j'ai beaucoup plus avancé que ce que j'avais prévu et j'en suis ravie. Sur les feuilles de mon cahier, le décor est en place et mes personnages presque tous achevés.

Je me sens bien ici. J'ai emménagé il y a quatorze jours, dans un bel appartement du centre-bourg situé juste au-dessus de la galerie d'art de mon amie Catherine. Moi qui ai toujours vécu dans la même grande ville, la campagne me repose et m'inspire. J'ai juste eu un peu de mal à m'habituer au manque de transports en commun !

Soudain, je remarque un homme, quelques tables plus loin, qui me regarde avec insistance. Yeux verts et cheveux châtain clairs, il n'est pas mal. Il me fait un peu penser à un paysan, avec sa carrure. Un paysan comme dans certaines des chansons de Malicorne que j'écoute à nouveau avec plaisir depuis que je vis ici. Je me reprends et continue mon travail tout en l'ignorant. Ce n'est pas le premier à me fixer comme ça et j'imagine que ce ne sera certainement pas le dernier. Mais au bout d'un certain temps, il se lève et vient me voir.
-« Bonjour mademoiselle, excusez-moi... »
Je lève la tête pour le regarder dans les yeux. Malgré ses muscles et sa haute stature, il a l'air timide et assez doux.
-« Oui ? », je dis d'un ton que je veux neutre.
-« Je vous ai remarqué, tout à l'heure et je voulais savoir ce que vous dessiniez. »
Comme entrée en matière, ce n'est pas génial. Je fronce les sourcils et ferme mon cahier. Il tend la main vers moi, avant de stopper son geste, se rendant peut-être compte que c'est inapproprié.
-« Non, non, attendez ! », s'écrie-t-il. « Ne le prenez pas mal, c'est juste... euh... De la curiosité mal placée. »
J'écarquille les yeux. S'il voulait se rattraper, c'est raté. Je lui tourne le dos et commence à ranger mes affaires. J'espère au moins qu'il aura la présence d'esprit de comprendre son erreur et de s'en aller. Mais dans mon dos, je l'entends marmonner :
-« Mais pourquoi est-ce que je suis aussi maladroit ? »
Je laisse échapper un petit rire. La maladresse, je connais bien ça et, étrangement, sa réaction me touche. Je me retourne et dis en essayant de ne pas être trop gentille.
-« Si vous y tenez... C'est pour un projet sur le thème "vie quotidienne". C'est mon idée », j'ajoute.
Je suis sur la défensive. Il faut que je me calme, mais c'est toujours stressant de montrer une de ses créations à quelqu'un pour la première fois. Il me sourit et regarde mon dessin. Je le vois écarquiller les yeux et se pencher pour – je suppose – mieux distinguer les détails. Quand il relève la tête, je vois bien qu'il cherche ses mots.
-« C'est... », hésite-t-il.
-« Ce n'est pas encore terminé », dis-je, un peu agacée par sa timidité, tout en faisant de mon mieux pour ne pas rougir.
-« Mais c'est beau », souffle-t-il.  

La suite : Dimanche prochain...

Le Luneux (Malicorne)
(Cover sur ma chaîne YouTube !)


Et si vous voulez écouter le texte....



A bientôt !

dimanche 10 avril 2016

Les rêveries du dimanche #14

Bonjour !

Tous les dimanches, nouvelle publication d'un récit (en langue française) d'un jeune romancier français, ou plutôt une jeune romancière française puisqu'il s'agit de moi : Zoé Herzine Hoibian-Labonne.
Je vous rappelle que j'ai 16 ans, que je suis instruite en famille pour le moment depuis 10 ans et que j'ai pour passion la lecture et l'écriture. Me voici donc apprentie écrivain de langue française. Vous pourrez me lire chaque dimanche dans mon récit de jeune romancier français en herbe !

Voici donc les rêveries du dimanche #14 !

Le premier épisode du feuilleton ici !




Place du Beffroi
Arthur



Ce n'est qu'une fois que je suis sorti du village, à cheval sur mon vieux vélo vert, que je me rends compte que je ne sais rien de cette femme. Ni son prénom, ni pourquoi elle était au bar du Clocher. Rien. Cette pensée me suit jusqu'à ce que je m'engage sur le chemin de terre qui mène chez moi.

Je pose mon vélo devant la porte de ma grange et interpelle mon garçon de ferme, Nicolas, pour qu'il me rejoigne. Quelques mètres plus loin, devant la porte de ma maison, Nicolas commente :
- « Heureusement que je t'ai aidé à repeindre tes volets ! Ça met de la couleur dans les environs. »
Je jette un rapide coup d’œil à mes volets rouges avant de rentrer, aussitôt suivi de Nicolas. Mon ami – qui est d'ailleurs le seul gars du coin avec lequel je m'entends vraiment bien – se pose immédiatement dans mon canapé.
- « J'ai fini le boulot », me dit-il. « Il faudra juste traire les beautés vers 17h. »
Nicolas met un point d'honneur à appeler mes vaches "les beautés".
- « Merci Nico », je réponds.
- « Dis donc, Arthur, ça s'est bien passé au bar cette semaine ? », me demande-t-il tandis que je m'installe en face de lui sur une chaise. « Tu as une petite mine. »
- « Ah bon ? », je m'étonne. « C'était bien pourtant. J'ai rencontré une femme. »
Nicolas, qui s'apprêtait à se lever, arrête son geste et me regarde avec attention.
- « Jolie ? », dit-il enfin.
- « Oui. Cheveux noirs, yeux bleus, lunettes », énumère-je.
- « Vous avez parlé ? », continue Nicolas.
- « Un peu, mais pourquoi..? », je commence.
- « Comment elle s'appelle ? », me coupe mon ami.
Je soupire.
- « Je ne sais pas. »
- « Tu ne sais pas ? Tu rencontres et parles avec une femme, alors que, désolé, mais c'est vrai, ça ne t'arrive pas souvent, et tu ne prends même pas deux secondes pour lui demander son prénom ? »
- « Je sais. Mais ça n'a pas très bien commencé entre nous, alors je n'ai pas voulu l'embêter avec des détails », j'essaye de me justifier.
Cette fois, Nicolas me regarde comme s'il était très inquiet quant à mes capacités intellectuelles.
- « Des détails », marmonne-t-il. « Tu rencontres une femme belle et sympa, mais tu ne vas pas lui demander son prénom, non, c'est un détail ! »
Nicolas pousse un bref soupir.
- « Tu sais ce que tu vas faire ? », me demande-t-il.
- « Non, mais je sens que tu vas me le dire dans quelques secondes », j'ironise.
- « Très drôle », commente mon ami. « Téléphone à Marie-Louise. Je suis sûre qu'elle sait qui est ton inconnue. »


La suite : Dimanche prochain...

Jimmy (Moriarty)
(Cover sur ma chaîne YouTube !)


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A bientôt !

dimanche 3 avril 2016

Les rêveries du dimanche #13

Bonjour !

Tous les dimanches, nouvelle publication d'un récit (en langue française) d'un jeune romancier français, ou plutôt une jeune romancière française puisqu'il s'agit de moi : Zoé Herzine Hoibian-Labonne.
Je vous rappelle que j'ai 16 ans, que je suis instruite en famille pour le moment depuis 10 ans et que j'ai pour passion la lecture et l'écriture. Me voici donc apprentie écrivain de langue française. Vous pourrez me lire chaque dimanche dans mon récit de jeune romancier français en herbe !

Voici donc les rêveries du dimanche #13 !

A partir d'aujourd'hui, un feuilleton démarre !




Place du Beffroi
Arthur




Mon café noir est en train de refroidir. Mais ça, ce n'est pas ce qui me tracasse. Quoique ce ne soit pas le mot juste. Ça ne me tracasse pas, non... C'est autre chose.

Je viens au Bar du Clocher tous les samedis.
J'arrive vers 9h-9h30 et je commande invariablement un café noir - sans sucre, sans lait, merci - et un pain aux raisins. Je mange et bois lentement, en regardant les passants et les visages familiers de la place du Beffroi.
Je suis tranquille, c'est ma pause. Je vois les mêmes visages, ça me détend. A midi et demi, la patronne, Marie-Louise, m'apporte une de ses gigantesques omelettes avec un autre café. Tous les samedis, la même routine, mais je ne m'en lasse pas. Il y a toujours de nouvelles conversations à surprendre, de nouveaux regards à croiser et de nouveaux gestes à décoder.

Ça y est, je viens de trouver ce qui cloche : deux tables plus loin, à ma gauche, se tient une inconnue. Elle écrit ou dessine quelque chose dans un carnet, bien qu'elle relève souvent la tête. Ses cheveux noirs lui cachent un peu le visage et ses yeux brillent derrière de larges lunettes. A vue de nez, je lui donne trente ans. Pendant dix à quinze minutes, je la regarde à la dérobée. Puis je ne sais pas ce qui m'arrive, ça me prend soudain : je me lève et vais la voir.

-"Bonjour mademoiselle, excusez-moi..."
Elle lève vers moi de grands yeux bleus, un peu rêveurs, mais décidés.
-"Oui ?"
A présent, je vois qu'elle dessine au crayon à papier. Je me sens gauche et un peu fébrile.
-"Je vous ai remarqué, tout à l'heure et je voulais savoir ce que vous dessiniez."
Elle fronce les sourcils et commence à ranger ses affaires. Je me rends compte que ma phrase n'était pas très habile. Je tente de rattraper ma cause.
-"Non, non, attendez ! Ne le prenez pas mal, c'est juste...euh... De la curiosité mal placé."
Elle arrête son geste et me regarde, les yeux écarquillés, avant de me tourner le dos.

Mais qu'est-ce que j'ai dit ? Qu'est-ce que j'ai bien pu dire ?
Je me passe la scène dans ma tête pour essayer de trouver ce que j'ai dit de travers. La curiosité mal placé ! Bien sûr, quel idiot !
-"Je... Je suis désolé", dis-je. "Pardonnez-moi..."
Elle ne réagit pas. Je marmonne dans ma barbe d'un ton rageur :
-"Mais pourquoi est-ce que je suis aussi maladroit ?"

Et soudain, l'inconnue se retourne, comme si ma phrase l'avait décidée.
-"Si vous y tenez... C'est pour un projet sur le thème "vie quotidienne". C'est mon idée", dit-elle sur la défensive.
Je lui souris et tourne le carnet vers moi.
On reconnaît facilement la place du Beffroi, les immeubles et petites boutiques qui la composent, ainsi que le café. Mais ce qui fait la particularité de ce qui pourrait n'être que des croquis classiques est que son auteure n'a pas figé les personnages. Ils sont tous légèrement flous et leurs visages ne sont presque pas travaillés. Ce sont juste quelques ombres à moitié effacées au mouchoir en papier.
-"C'est...", je commence.
-"Ce n'est pas encore terminé", ajoute-t-elle, légèrement agacée.
-"Mais c'est beau", je murmure.


La suite : Dimanche prochain...

Rue de Ménilmontant (Camille)
(Cover par... moi (!), sur ma chaîne YouTube !)


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A bientôt !

dimanche 27 mars 2016

Les rêveries du dimanche #12

Bonjour !

Tous les dimanches, nouvelle publication d'un récit (en langue française) d'un jeune romancier français, ou plutôt une jeune romancière française puisqu'il s'agit de moi : Zoé Herzine Hoibian-Labonne.
Je vous rappelle que j'ai 16 ans, que je suis instruite en famille pour le moment depuis 10 ans et que j'ai pour passion la lecture et l'écriture. Me voici donc apprentie écrivain de langue française. Vous pourrez me lire chaque dimanche dans mon récit de jeune romancier français en herbe !

Voici donc les rêveries du dimanche #12 !




Un jour d'hiver




Il ne fait pas beau. Des nuages gris plafonnent le ciel. Il fait froid. Les berges du lac sont toutes recouvertes de mousse, à l'exception de la petite plage de cailloux et de graviers sur laquelle je me tiens. Le lac en lui-même est sombre, presque noir. Malgré le vent coriace qui le fait clapoter à environ un mètre de mes baskets, j'ai l'impression que son eau est gluante, visqueuse. Il n'y a pas un oiseau dans le ciel. Pour être honnête, aujourd'hui l'endroit est assez sinistre, mais je préfère largement ça à l'ambiance plombée de Lacombe. Amélie et Hugo se boudent depuis plus d'une semaine et on ne peut plus adresser la parole à l'un sans que l'autre en prennent ombrage.

Mon nom est Hannah et je vis à Lacombe où j'étudie la poésie. J'ai vingt-trois ans et j'y suis rentrée il y a deux ans, en même temps que mon ami Basile. C'est à  que nous avons rencontré Hugo et Emilie. Enfin, non. Au départ, nous avions surtout sympathisé avec Hugo, qui suivait le même cours que nous. Ce n'est que quand Hugo est tombé amoureux d'Amélie qu'elle est devenue le quatrième membre de notre petit groupe. Depuis, nous passons le plus clair de notre temps à discuter de tout et de rien, sans oublier de s'échanger nos notes de cours.
Mais il y a environ une semaine, Amélie et Hugo se sont disputés à propos de je ne sais plus quel stupide histoire de rimes et de sonnets ; et depuis, ils refusent formellement de se parler. Ça commence sérieusement à m'agacer, alors ce matin, j'ai emprunté la voiture de Basile et je suis venue jusqu'au lac.
Il fait froid, il ne fait pas beau, le brouillard couvre les trois-quarts du lac, mais je m'en fiche : j'ai besoin d'être seule. Ce n'est peut-être aussi pas très gentil pour Basile, qui en a sûrement autant besoin que moi.
Pourtant, après être restée dix bonnes minutes à regarder les vaguelettes poussées par le vent, j'entends un bruit de moteur familier. C'est la moto d'Amélie. Mais au lieu de l'épaisse chevelure blonde d'Amélie, c'est la tignasse rousse de Basile que je vois apparaître au bout de chemin.
-Tu as pris la moto d'Amélie, dis-je une fois qu'il est à ma hauteur.
-Quelqu'un a pris ma voiture, dit-il tranquillement.
Je souris sans savoir quoi dire.
-Le lac est d'une beauté morbide, ce soir, énonce-t-il après un silence.
-Espèce de romantique à la manque, dis-je doucement.
Le rire de Basile résonne sur le lac, tandis que je sens sa main se glisser dans la mienne.


Slow it Down (Amy MacDonald)



A bientôt !

dimanche 20 mars 2016

Les rêveries du dimanche #11

Bonjour !

Tous les dimanches, nouvelle publication d'un récit (en langue française) d'un jeune romancier français, ou plutôt une jeune romancière française puisqu'il s'agit de moi : Zoé Herzine Hoibian-Labonne.
Je vous rappelle que j'ai 16 ans, que je suis instruite en famille pour le moment depuis 10 ans et que j'ai pour passion la lecture et l'écriture. Me voici donc apprentie écrivain de langue française. Vous pourrez me lire chaque dimanche dans mon récit de jeune romancier français en herbe !

Voici donc les rêveries du dimanche #11 !

Pour cette rêverie, je me suis inspirée d'une chanson que j'aime énormément, Carry on Wayward Son de Kansas.




D'une chanson, une vie




" J'ai toujours aimé cette chanson, mais récemment, je me suis rendu compte que ses paroles résonnent étrangement avec ma vie.

"Carry on my wayward son, there'll be peace when you are done, lay your weary head to rest, don't you cry no more..."

Mon téléphone vibre dans ma poche. Je décroche : c'est mon amie Alex.
-George, où es-tu ?
-Bonjour Alex. Ça va ?
-Oh, c'est bon ! - la voix agacé d'Alex me fait sourire - Bonjour, je vais bien, où es-tu ?
-Je suis allé la chercher.
-A pied ?!
-Oui. Comment voulais-tu que je fasse ?
-Eh bien, pour commencer, tu aurais pu m'appeler et je serais venue avec toi. Après tout, Laelle est aussi mon amie.
-Sauf qu'elle est un peu plus qu'une amie pour moi, Alex !
Un léger silence suit, puis Alex continue :
-Bon, où es-tu ? Je viens te chercher.
-Alex, tu ne me feras pas rentrer. J'irais chercher Laelle.
-Bon Dieu, qu'il est têtu ! Je ne veux pas te faire rentrer. Je veux juste y aller avec toi. Déjà qu'en voiture, ça nous prendra deux bons jours, à pied... Dis-moi juste où tu es et je te rejoins avec la Chevy.
Après avoir approximativement indiqué à Alex ma position, je raccroche et continue de marcher, non sans avoir rajusté la position de mon (lourd) sac à dos sur mes épaules.

"Once I rose above the noise and confusion, just to get a glimpse beyond this illusion..."

Environ trois quart d'heure plus tard, une vieille voiture bleue-grise arrive derrière moi. Sa Chevrolet Impala '65 fait la fierté d'Alex qui en vante les qualités pendant des heures à quiconque a le malheur de mettre le sujet sur la table.
-Allez, monte !, me lance mon amie en m'ouvrant la portière.
Je dépose mon sac à l'arrière avant de m'asseoir à côté d'Alex, qui démarre aussitôt. Pendant qu'elle conduit, je me surprends à la regarder. J'aime bien son style un peu fou avec ses cheveux teints en violet et ses ongles abondement vernis qui contrastent ses goûts vestimentaires classiques : chemises et jeans.
-Je peux mettre de la musique ?, je demande.
Alex acquiesce en silence.

"Though my eyes could see, I still was a blind man, though my mind could think, I still was a madman..."

-Encore cette chanson ?
-Je l'écoute en boucle, je sais... Mais elle me fait penser à Laelle. Et puis les paroles vont bien avec ma vie.
-Tu te rends compte que chaque chanson que tu écoutes te fait penser à Laelle ?
-Ce n'est pas ma faute si tout me fait penser à elle !
En disant cela, je me rappelle notre première rencontre, à Laelle et moi : Alex m'avait convaincu de l'accompagner dans un bar. J'avoue que ce n'est pas mon genre d'endroit préféré, mais elle était tellement enthousiaste que j'avais fini par accepter.
Pendant qu'Alex dansait, la fille à côté de moi m'avait dit :
-Excusez-moi de vous déranger, mais vous venez souvent ici ?
-Non, en fait, c'est la première fois, avais-je répondu. Pourquoi ?
-Parce que ce n'est pas vraiment mon genre de bar, alors je me demandais ce que lui trouvaient les habitués.
-Je ne sais pas, avais-je souri. Je ne suis pas un habitué.
-Je vois, vous êtes juste venu avec votre petite amie, avait-elle dit alors qu'Alex revenait vers nous.
-Pas du tout, avait rétorqué cette dernière. Il est libre. Je préfère les filles, avait-elle ajouté avec un sourire.
-D'accord. Alors, je peux vous l'emprunter pour quelques minutes ?
-Bien sûr, s'enthousiasma Alex avant de me souffler : vas-y !
Nous passâmes le reste de la soirée, Laelle - puisque j'appris que c'était son nom - et moi, à discuter musique, livres et plein d'autres choses.
-A quoi tu penses ?, demande soudain Alex, coupant court à mes pensées.
-Je me remémorais la nuit où j'ai rencontré Laelle.
-Qui est aussi la nuit où j'ai rencontré ma Nina, soupire amoureusement Alex.
-Ah oui, sur quelle chanson, déjà ?
-Metallica, Nothing Else Matters.
-Rien d'autre qu'elle.
-C'est sûr..., rit Alex.
Mon amie appuie sur l'accélérateur de la Chevy.
-On arriver, Laelle, on arrive, je murmure pour moi même.

"I hear the voices when I'm dreaming, I can hear them say : carry on my wayward son, there'll be peace when you are done, lay your weary head, don't you cry no more..."


Carry on Wayward Son (Kansas)




A bientôt !

dimanche 13 mars 2016

Les rêveries du dimanche #10

Bonjour !

Tous les dimanches, nouvelle publication d'un récit (en langue française) d'un jeune romancier français, ou plutôt une jeune romancière française puisqu'il s'agit de moi : Zoé Herzine Hoibian-Labonne.
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Voici donc les rêveries du dimanche #10 !

Pour cette rêverie, je me suis inspirée de deux portraits que j'ai pris durant la manifestation du 9 mars contre la loi Travail.



Elle regarde



Elle a levé la tête pour se vider le regard de la foule qui tourne autour de la Grand Place. Elle, elle s'est assise sur un de ces gros cubes hideux qui décorent la place et qui représentent ce que certains appellent l'"art". Le granit froid et gris lui gèle lentement les fesses, mais elle ne bouge pas. Elle se contente de rajuster le foulard qui lui protège le cou du vent. Si elle descendait de son perchoir, la foule la paralyserait et engloutirait son énergie, lui laissant des cernes sombres sous les yeux.
Alors elle prend de la hauteur et analyse les visages fermés qui passent en-dessous d'elle. Elle observe leurs démarches, leurs vêtements, leurs regards. Souvent, aux heures de pointe, elle voit passer les mêmes personnes. Cadres en tailleurs tenant fermement leurs attaché-cases, ouvriers en bleu de travail, lycéens séchant les cours, cigarettes aux lèvres...
Mais un jour, un jeudi il lui semble, elle remarque un nouveau visage dans la foule. Un jeune homme avec un sweat-shirt gris clair à capuche.


Son visage est à la fois calme et inquiet. Tandis qu'elle l'observe, il fait ce que personne n'a jamais pensé à faire : il la regarde dans les yeux. Elle sursaute et détourne rapidement le regard. Elle fait bien attention à ne pas être trop repérable quand elle regarde de nouveau dans la direction du garçon. Mais il n'est plus là. Elle émet un léger soupir de déception, quand elle sent soudain une pression sur son épaule gauche. Elle se retourne pour se retrouver nez-à-nez avec le jeune homme au sweat-shirt gris.
-Salut, moi c'est Dan. (Ses yeux verts papillonnent un peu.) Et toi ?
Contrairement à ce qu'elle pensait, elle répond sans hésiter, se surprenant elle-même.
-Cassandre.
-Tu viens souvent ici, Cassandre ?
-Quand je peux, ça me permet de penser à autre chose qu'au quotidien.
Elle ne sait pas vraiment pourquoi elle a dit ça. Ce n'est même pas complètement vrai. Elle vient aussi pour regarder. Mais elle ne sait pas s'il peut comprendre.
-Moi, je viens ici pour regarder les gens, des fois, dit-il.
Cassandre sourit et examine le visage de Dan. Les sourcils lisses, la barbe naissante, ce grain de beauté en haut de la lèvre supérieure droite, les cernes qui se dessinent doucement sous ses yeux verts...
-Tu comptes rester là pendant longtemps ?, demande soudain Dan.
-Je ne sais pas. Où irions-nous ?
Cassandre ne se rend compte qu'après l'avoir dit qu'elle a automatiquement inclus Dan dans sa phrase.
-Je ne sais pas, dit-il en haussant les épaules. On verra bien.
Cassandre lève un sourcil.
-Allons-y.


As it Seems (Lily Kershaw)




A bientôt !

dimanche 6 mars 2016

Les rêveries du dimanche #9

Bonjour !

Tous les dimanches, nouvelle publication d'un récit (en langue française) d'un jeune romancier français, ou plutôt une jeune romancière française puisqu'il s'agit de moi : Zoé Herzine Hoibian-Labonne.
Je vous rappelle que j'ai 16 ans, que je suis instruite en famille pour le moment depuis 10 ans et que j'ai pour passion la lecture et l'écriture. Me voici donc apprentie écrivain de langue française. Vous pourrez me lire chaque dimanche dans mon récit de jeune romancier français en herbe !

Voici donc les rêveries du dimanche #9 !



Le chant de la lune




La vieille femme a rassemblé ses deux petits-enfants autour d'elle, comme dans une de ces illustrations de scène familiale du XIXe siècle. Les deux garçons, déjà tremblants d'impatience, sont pendus aux lèvres de leur grand-mère.
-J'ai vu une fois, un dimanche lointain, quatre fées noires qui faisaient chanter la pleine lune...
-Comment étaient-elles ? Les fées, je veux dire, demande le plus jeune des frères.
-J'y viens, j'y viens, sourit la grand-mère. Elles avaient toutes de longs cheveux crépus. La première les avait lâchés et ils ondulaient dans son dos comme une cascade. La seconde avait une longue queue de cheval, bouclée et brillante. La troisième avait une seule grosse natte, tandis que la dernière avait une multitude de petites tresses. Elles étaient toutes quatre vêtues de longues robes d'un bleu profond, brodées de petites fleurs d'argent. Elle faisait face à la lune. C'était une extraordinaire pleine lune, de ces nuits où elle semble englober tout le ciel...
-Mais comment était le chant de la lune ?, demanda alors l'aîné.
-C'était... c'était un chant grave et doux. C'était la musique de l'océan mélangé à un violoncelle. C'était le cri d'une baleine amoureuse. C'était le chant du loup associé à une clarinette. C'était une musique qui vous emplissait la tête et faisait trembler vos os.
Les enfants ouvrirent de grands yeux.
-La campagne alentour retenait son souffle. L'air lui-même frissonnait. Puis les fées se dispersèrent et la lune redevint muette.
-Mais comment tu le sais ?, demanda un des garçons en penchant la tête sur le côté.
-Tu y étais ?, demanda l'autre.
La vieille femme sourit mystérieusement.
-Les fées ne racontent pas leurs secrets.
Les garçons se regardèrent, ne sachant pas trop quoi penser de cette réponse.
-Allez, au lit, maintenant !, s'écria alors la grand-mère.

Ce ne fut que quelques heures plus tard, quand la maison elle-même sembla endormie, que la vieille femme s'approcha d'une fenêtre ouverte. Elle fixa la lune de ses yeux sombres et une douce mélodie s'éleva du ciel.



Stars Align (Lindsey Stirling)



Pour le début de cette rêverie, j'ai utilisé un de mes livres d'enfance, "Ma grande marmite à merveilles" de Bruno Gibert.



A bientôt !

dimanche 28 février 2016

Les rêveries du dimanche #8

Bonjour !

Tous les dimanches, nouvelle publication d'un récit (en langue française) d'un jeune romancier français, ou plutôt une jeune romancière française puisqu'il s'agit de moi : Zoé Herzine Hoibian-Labonne.
Je vous rappelle que j'ai 16 ans, que je suis instruite en famille pour le moment depuis 10 ans et que j'ai pour passion la lecture et l'écriture. Me voici donc apprentie écrivain de langue française. Vous pourrez me lire chaque dimanche dans mon récit de jeune romancier français en herbe !

Voici donc les rêveries du dimanche #8 !



Le travail des mots

"All the words that fly around me have full filled my life with endless joy..."


La première chose à savoir sur les écrivains, c'est qu'ils sont généralement fous et incroyables. En même temps, c'est facilement compréhensible si on prend en compte tout ce qu'un écrivain doit accomplir pour coucher sur le papier ses idées.
Pour prendre un exemple, imaginons une scène : il est environ cinq heures de l'après-midi, c'est l'automne. Une lumière douce et déjà orangée tombe sur un arbre, accentuant les reflets mordorés des feuilles. L'herbe grasse autour du tronc s'en est retrouvée couverte. Une petite pente entoure l'arbre, comme des ronds dans l'eau. Quelques oiseaux se discutent la place sur une branche.
Bon voilà, ça suffit.
Vous pouvez certainement vous figurer la scène, la fraîcheur du mois du Novembre, la brise qui souffle... Ah, je n'avais pas parlé de la brise - c'est fait maintenant. Sur le papier, ça a l'air limpide, on admire (parfois) le choix des mots. Ce que l'on imagine pas, c'est qu'il en a fallu du temps, à l'auteur, pour extirper les mots justes de sa tête. Car dans sa tête, c'est très clair. Mais la première fois qu'il essaye de l'écrire, tout ce qui lui vient est : "Sur une colline, il y avait un arbre."
Il faut un long travail de réflexion pour trouver les mots. L'auteur les a longuement soupesé dans sa tête, il les a fait tourner dans tous les sens avant de faire un choix. Car souvent, il sait quoi écrire, mais il ne sait pas comment.
Mais quelques fois, l'auteur vit des petits instants magiques où son stylo devient vivant et ses personnages prennent leurs vies en main sans rien lui demander. Des moments où, en se relisant, il admire ou rouspète contre le libre arbitre de ses personnages. Des moments où le processus magique de l'écriture atteint son point culminant et où l'auteur ne fait qu'un avec ses pensées.

La deuxième chose importante à savoir, c'est qu'une fois que vous avez commencé à écrire, il n'y a aucun moyen de s'arrêter. Vous aurez toujours besoin, à un moment ou un autre, de poser quelques mots sur une feuille - ou, honnêtement, n'importe quoi d'autre : une serviette en papier, votre main, etc...
L'écriture deviendra une partie de votre vie et ne vous quittera alors plus.
Ce qui est, à mon goût, mon plus grand bonheur.




The Sound of Silence (Simon & Garfunkel)




A bientôt !