dimanche 24 avril 2016

Les rêveries du dimanche #16

Bonjour !

Tous les dimanches, nouvelle publication d'un récit (en langue française) d'un jeune romancier français, ou plutôt une jeune romancière française puisqu'il s'agit de moi : Zoé Herzine Hoibian-Labonne.
Je vous rappelle que j'ai 16 ans, que je suis instruite en famille pour le moment depuis 10 ans et que j'ai pour passion la lecture et l'écriture. Me voici donc apprentie écrivain de langue française. Vous pourrez me lire chaque dimanche dans mon récit de jeune romancier français en herbe !

Voici donc les rêveries du dimanche #16 !

Le premier épisode du feuilleton ici !
Et le deuxième ici !
Le troisième ici !




Place du Beffroi
Lucie




Il est plus d'une heure de l'après-midi quand je quitte le café. Je n'ai rien mangé, et la faim commence à se faire sentir. Mon sac sous le bras, je me dirige vers mon appartement. En passant devant la boulangerie, je remarque mon amie Catherine qui en sort.
-« Lucie ! », s'écrie-t-elle en me voyant. « Justement, je voulais passer te voir. Je n'ai pas encore mangé, alors j'ai acheté quelques petites gourmandises, mais je crois que j'en ai pris assez pour deux. As-tu mangé ? »
Je souris devant le flot de paroles de Catherine.
-« Non, pas encore. Dis-moi juste, quelles "petites gourmandises" nous as-tu réservé ? »
Mon amie hausse les sourcils à plusieurs reprises de manière comique, avant de répondre :
-« Surprise ! Je plaisante », ajoute-t-elle. « Des tartes aux sucres, des fricadelles que j'ai prise chez Bruno, du pain et un peu de fromage. Alors, comment s'est passé ta matinée ? »
Mon cerveau augmente un peu sa cadence, histoire de savoir par où commencer.
-« Eh bien, j'ai principalement dessiné », dis-je simplement.
Mais Catherine n'est pas dupe.
-« Principalement ? », appuie-t-elle.
-« J'ai un peu parlé avec un homme, mais ne t'emballes pas ! », j'ajoute afin de couper court au exclamations de mon amie.
-« Alors, de quoi s'agit-il ? », s'exclame-t-elle.
Finalement, je décide de lui faire part des événements .
-« J'étais à ma table et cet homme s'est levé vers moi pour savoir ce que je dessinais. Au début, je n'ai pas voulu, puis je l'ai laissé voir. »
-« Et ? », demande Catherine, impatiente.
-« Et c'est tout. Il m'a dit que c'était beau, puis il est parti. Je ne connais même pas son nom. »
Catherine soupire.
-« Décris-le moi. Avec un peu de chance, je le connais. »
-« Il a les cheveux châtains clairs, les yeux verts, pas mal de taches de rousseur. »
Je tente de me remémorer plus de détails.
-« Il était plutôt musclé, il m'a un peu fait penser à un paysan et quand il est parti, c'était sur un vélo vert. C'est tout ce dont je me souviens », j'admets avec une grimace.
Je ne pense pas que Catherine pourra tirer grand chose de ces informations. Mais le visage de mon amie s'éclaire tandis qu'elle s'exclame :
-« Mais je le connais ! Espèce de petite veinarde ! », sourit-elle. « Il s'appelle Arthur, il vit un peu en dehors du village, il élève des vaches, il a une petite cicatrice à l'avant-bras droit et il est célibataire. »
Je m’apprête à demander à Catherine si elle est certaine de ce qu'elle avance, mais elle continue :
-« En fait, il est célibataire parce que toutes les femmes qu'il a connu sont parties ; je ne sais pas pourquoi. C'est vrai qu'au premier abord, il est d'une timidité maladive, mais une fois qu'on le connaît mieux, ça se calme. Et puis, il est quand même craquant ! »
Je ne peux m'empêcher de rire devant la verve de mon amie. Catherine est (presque) toujours enthousiaste quand il s'agit d'évoquer la vie des gens qu'elle apprécie.

Pendant que Catherine me raconte les derniers détails de la vie de cet Arthur, je me remémore notre rencontre. Ce n'est que lorsque je manque de prendre la porte de mon appartement dans la figure que je me rends compte que nous sommes arrivées. Tandis que j'ouvre la porte, Catherine brandit ses sacs et lance :
-« Assez parlé de garçons ! À table! »

La suite : Dimanche prochain...

New Soul (Yael Naïm)
(Cover sur ma chaîne YouTube !)


Et si vous voulez écouter le texte....



A bientôt !

dimanche 17 avril 2016

Les rêveries du dimanche #15

Bonjour !

Tous les dimanches, nouvelle publication d'un récit (en langue française) d'un jeune romancier français, ou plutôt une jeune romancière française puisqu'il s'agit de moi : Zoé Herzine Hoibian-Labonne.
Je vous rappelle que j'ai 16 ans, que je suis instruite en famille pour le moment depuis 10 ans et que j'ai pour passion la lecture et l'écriture. Me voici donc apprentie écrivain de langue française. Vous pourrez me lire chaque dimanche dans mon récit de jeune romancier français en herbe !

Voici donc les rêveries du dimanche #15 !

Le premier épisode du feuilleton ici !
Et le deuxième ici !




Place du Beffroi
Lucie



Je lève la tête de mon dessin quelques secondes afin de remercier d'un sourire la patronne du bar qui m'apporte mon café. Après en avoir pris une gorgée brûlante, je me mets de nouveau au travail. En une heure, j'ai beaucoup plus avancé que ce que j'avais prévu et j'en suis ravie. Sur les feuilles de mon cahier, le décor est en place et mes personnages presque tous achevés.

Je me sens bien ici. J'ai emménagé il y a quatorze jours, dans un bel appartement du centre-bourg situé juste au-dessus de la galerie d'art de mon amie Catherine. Moi qui ai toujours vécu dans la même grande ville, la campagne me repose et m'inspire. J'ai juste eu un peu de mal à m'habituer au manque de transports en commun !

Soudain, je remarque un homme, quelques tables plus loin, qui me regarde avec insistance. Yeux verts et cheveux châtain clairs, il n'est pas mal. Il me fait un peu penser à un paysan, avec sa carrure. Un paysan comme dans certaines des chansons de Malicorne que j'écoute à nouveau avec plaisir depuis que je vis ici. Je me reprends et continue mon travail tout en l'ignorant. Ce n'est pas le premier à me fixer comme ça et j'imagine que ce ne sera certainement pas le dernier. Mais au bout d'un certain temps, il se lève et vient me voir.
-« Bonjour mademoiselle, excusez-moi... »
Je lève la tête pour le regarder dans les yeux. Malgré ses muscles et sa haute stature, il a l'air timide et assez doux.
-« Oui ? », je dis d'un ton que je veux neutre.
-« Je vous ai remarqué, tout à l'heure et je voulais savoir ce que vous dessiniez. »
Comme entrée en matière, ce n'est pas génial. Je fronce les sourcils et ferme mon cahier. Il tend la main vers moi, avant de stopper son geste, se rendant peut-être compte que c'est inapproprié.
-« Non, non, attendez ! », s'écrie-t-il. « Ne le prenez pas mal, c'est juste... euh... De la curiosité mal placée. »
J'écarquille les yeux. S'il voulait se rattraper, c'est raté. Je lui tourne le dos et commence à ranger mes affaires. J'espère au moins qu'il aura la présence d'esprit de comprendre son erreur et de s'en aller. Mais dans mon dos, je l'entends marmonner :
-« Mais pourquoi est-ce que je suis aussi maladroit ? »
Je laisse échapper un petit rire. La maladresse, je connais bien ça et, étrangement, sa réaction me touche. Je me retourne et dis en essayant de ne pas être trop gentille.
-« Si vous y tenez... C'est pour un projet sur le thème "vie quotidienne". C'est mon idée », j'ajoute.
Je suis sur la défensive. Il faut que je me calme, mais c'est toujours stressant de montrer une de ses créations à quelqu'un pour la première fois. Il me sourit et regarde mon dessin. Je le vois écarquiller les yeux et se pencher pour – je suppose – mieux distinguer les détails. Quand il relève la tête, je vois bien qu'il cherche ses mots.
-« C'est... », hésite-t-il.
-« Ce n'est pas encore terminé », dis-je, un peu agacée par sa timidité, tout en faisant de mon mieux pour ne pas rougir.
-« Mais c'est beau », souffle-t-il.  

La suite : Dimanche prochain...

Le Luneux (Malicorne)
(Cover sur ma chaîne YouTube !)


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A bientôt !

dimanche 10 avril 2016

Les rêveries du dimanche #14

Bonjour !

Tous les dimanches, nouvelle publication d'un récit (en langue française) d'un jeune romancier français, ou plutôt une jeune romancière française puisqu'il s'agit de moi : Zoé Herzine Hoibian-Labonne.
Je vous rappelle que j'ai 16 ans, que je suis instruite en famille pour le moment depuis 10 ans et que j'ai pour passion la lecture et l'écriture. Me voici donc apprentie écrivain de langue française. Vous pourrez me lire chaque dimanche dans mon récit de jeune romancier français en herbe !

Voici donc les rêveries du dimanche #14 !

Le premier épisode du feuilleton ici !




Place du Beffroi
Arthur



Ce n'est qu'une fois que je suis sorti du village, à cheval sur mon vieux vélo vert, que je me rends compte que je ne sais rien de cette femme. Ni son prénom, ni pourquoi elle était au bar du Clocher. Rien. Cette pensée me suit jusqu'à ce que je m'engage sur le chemin de terre qui mène chez moi.

Je pose mon vélo devant la porte de ma grange et interpelle mon garçon de ferme, Nicolas, pour qu'il me rejoigne. Quelques mètres plus loin, devant la porte de ma maison, Nicolas commente :
- « Heureusement que je t'ai aidé à repeindre tes volets ! Ça met de la couleur dans les environs. »
Je jette un rapide coup d’œil à mes volets rouges avant de rentrer, aussitôt suivi de Nicolas. Mon ami – qui est d'ailleurs le seul gars du coin avec lequel je m'entends vraiment bien – se pose immédiatement dans mon canapé.
- « J'ai fini le boulot », me dit-il. « Il faudra juste traire les beautés vers 17h. »
Nicolas met un point d'honneur à appeler mes vaches "les beautés".
- « Merci Nico », je réponds.
- « Dis donc, Arthur, ça s'est bien passé au bar cette semaine ? », me demande-t-il tandis que je m'installe en face de lui sur une chaise. « Tu as une petite mine. »
- « Ah bon ? », je m'étonne. « C'était bien pourtant. J'ai rencontré une femme. »
Nicolas, qui s'apprêtait à se lever, arrête son geste et me regarde avec attention.
- « Jolie ? », dit-il enfin.
- « Oui. Cheveux noirs, yeux bleus, lunettes », énumère-je.
- « Vous avez parlé ? », continue Nicolas.
- « Un peu, mais pourquoi..? », je commence.
- « Comment elle s'appelle ? », me coupe mon ami.
Je soupire.
- « Je ne sais pas. »
- « Tu ne sais pas ? Tu rencontres et parles avec une femme, alors que, désolé, mais c'est vrai, ça ne t'arrive pas souvent, et tu ne prends même pas deux secondes pour lui demander son prénom ? »
- « Je sais. Mais ça n'a pas très bien commencé entre nous, alors je n'ai pas voulu l'embêter avec des détails », j'essaye de me justifier.
Cette fois, Nicolas me regarde comme s'il était très inquiet quant à mes capacités intellectuelles.
- « Des détails », marmonne-t-il. « Tu rencontres une femme belle et sympa, mais tu ne vas pas lui demander son prénom, non, c'est un détail ! »
Nicolas pousse un bref soupir.
- « Tu sais ce que tu vas faire ? », me demande-t-il.
- « Non, mais je sens que tu vas me le dire dans quelques secondes », j'ironise.
- « Très drôle », commente mon ami. « Téléphone à Marie-Louise. Je suis sûre qu'elle sait qui est ton inconnue. »


La suite : Dimanche prochain...

Jimmy (Moriarty)
(Cover sur ma chaîne YouTube !)


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A bientôt !

dimanche 3 avril 2016

Les rêveries du dimanche #13

Bonjour !

Tous les dimanches, nouvelle publication d'un récit (en langue française) d'un jeune romancier français, ou plutôt une jeune romancière française puisqu'il s'agit de moi : Zoé Herzine Hoibian-Labonne.
Je vous rappelle que j'ai 16 ans, que je suis instruite en famille pour le moment depuis 10 ans et que j'ai pour passion la lecture et l'écriture. Me voici donc apprentie écrivain de langue française. Vous pourrez me lire chaque dimanche dans mon récit de jeune romancier français en herbe !

Voici donc les rêveries du dimanche #13 !

A partir d'aujourd'hui, un feuilleton démarre !




Place du Beffroi
Arthur




Mon café noir est en train de refroidir. Mais ça, ce n'est pas ce qui me tracasse. Quoique ce ne soit pas le mot juste. Ça ne me tracasse pas, non... C'est autre chose.

Je viens au Bar du Clocher tous les samedis.
J'arrive vers 9h-9h30 et je commande invariablement un café noir - sans sucre, sans lait, merci - et un pain aux raisins. Je mange et bois lentement, en regardant les passants et les visages familiers de la place du Beffroi.
Je suis tranquille, c'est ma pause. Je vois les mêmes visages, ça me détend. A midi et demi, la patronne, Marie-Louise, m'apporte une de ses gigantesques omelettes avec un autre café. Tous les samedis, la même routine, mais je ne m'en lasse pas. Il y a toujours de nouvelles conversations à surprendre, de nouveaux regards à croiser et de nouveaux gestes à décoder.

Ça y est, je viens de trouver ce qui cloche : deux tables plus loin, à ma gauche, se tient une inconnue. Elle écrit ou dessine quelque chose dans un carnet, bien qu'elle relève souvent la tête. Ses cheveux noirs lui cachent un peu le visage et ses yeux brillent derrière de larges lunettes. A vue de nez, je lui donne trente ans. Pendant dix à quinze minutes, je la regarde à la dérobée. Puis je ne sais pas ce qui m'arrive, ça me prend soudain : je me lève et vais la voir.

-"Bonjour mademoiselle, excusez-moi..."
Elle lève vers moi de grands yeux bleus, un peu rêveurs, mais décidés.
-"Oui ?"
A présent, je vois qu'elle dessine au crayon à papier. Je me sens gauche et un peu fébrile.
-"Je vous ai remarqué, tout à l'heure et je voulais savoir ce que vous dessiniez."
Elle fronce les sourcils et commence à ranger ses affaires. Je me rends compte que ma phrase n'était pas très habile. Je tente de rattraper ma cause.
-"Non, non, attendez ! Ne le prenez pas mal, c'est juste...euh... De la curiosité mal placé."
Elle arrête son geste et me regarde, les yeux écarquillés, avant de me tourner le dos.

Mais qu'est-ce que j'ai dit ? Qu'est-ce que j'ai bien pu dire ?
Je me passe la scène dans ma tête pour essayer de trouver ce que j'ai dit de travers. La curiosité mal placé ! Bien sûr, quel idiot !
-"Je... Je suis désolé", dis-je. "Pardonnez-moi..."
Elle ne réagit pas. Je marmonne dans ma barbe d'un ton rageur :
-"Mais pourquoi est-ce que je suis aussi maladroit ?"

Et soudain, l'inconnue se retourne, comme si ma phrase l'avait décidée.
-"Si vous y tenez... C'est pour un projet sur le thème "vie quotidienne". C'est mon idée", dit-elle sur la défensive.
Je lui souris et tourne le carnet vers moi.
On reconnaît facilement la place du Beffroi, les immeubles et petites boutiques qui la composent, ainsi que le café. Mais ce qui fait la particularité de ce qui pourrait n'être que des croquis classiques est que son auteure n'a pas figé les personnages. Ils sont tous légèrement flous et leurs visages ne sont presque pas travaillés. Ce sont juste quelques ombres à moitié effacées au mouchoir en papier.
-"C'est...", je commence.
-"Ce n'est pas encore terminé", ajoute-t-elle, légèrement agacée.
-"Mais c'est beau", je murmure.


La suite : Dimanche prochain...

Rue de Ménilmontant (Camille)
(Cover par... moi (!), sur ma chaîne YouTube !)


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A bientôt !

dimanche 27 mars 2016

Les rêveries du dimanche #12

Bonjour !

Tous les dimanches, nouvelle publication d'un récit (en langue française) d'un jeune romancier français, ou plutôt une jeune romancière française puisqu'il s'agit de moi : Zoé Herzine Hoibian-Labonne.
Je vous rappelle que j'ai 16 ans, que je suis instruite en famille pour le moment depuis 10 ans et que j'ai pour passion la lecture et l'écriture. Me voici donc apprentie écrivain de langue française. Vous pourrez me lire chaque dimanche dans mon récit de jeune romancier français en herbe !

Voici donc les rêveries du dimanche #12 !




Un jour d'hiver




Il ne fait pas beau. Des nuages gris plafonnent le ciel. Il fait froid. Les berges du lac sont toutes recouvertes de mousse, à l'exception de la petite plage de cailloux et de graviers sur laquelle je me tiens. Le lac en lui-même est sombre, presque noir. Malgré le vent coriace qui le fait clapoter à environ un mètre de mes baskets, j'ai l'impression que son eau est gluante, visqueuse. Il n'y a pas un oiseau dans le ciel. Pour être honnête, aujourd'hui l'endroit est assez sinistre, mais je préfère largement ça à l'ambiance plombée de Lacombe. Amélie et Hugo se boudent depuis plus d'une semaine et on ne peut plus adresser la parole à l'un sans que l'autre en prennent ombrage.

Mon nom est Hannah et je vis à Lacombe où j'étudie la poésie. J'ai vingt-trois ans et j'y suis rentrée il y a deux ans, en même temps que mon ami Basile. C'est à  que nous avons rencontré Hugo et Emilie. Enfin, non. Au départ, nous avions surtout sympathisé avec Hugo, qui suivait le même cours que nous. Ce n'est que quand Hugo est tombé amoureux d'Amélie qu'elle est devenue le quatrième membre de notre petit groupe. Depuis, nous passons le plus clair de notre temps à discuter de tout et de rien, sans oublier de s'échanger nos notes de cours.
Mais il y a environ une semaine, Amélie et Hugo se sont disputés à propos de je ne sais plus quel stupide histoire de rimes et de sonnets ; et depuis, ils refusent formellement de se parler. Ça commence sérieusement à m'agacer, alors ce matin, j'ai emprunté la voiture de Basile et je suis venue jusqu'au lac.
Il fait froid, il ne fait pas beau, le brouillard couvre les trois-quarts du lac, mais je m'en fiche : j'ai besoin d'être seule. Ce n'est peut-être aussi pas très gentil pour Basile, qui en a sûrement autant besoin que moi.
Pourtant, après être restée dix bonnes minutes à regarder les vaguelettes poussées par le vent, j'entends un bruit de moteur familier. C'est la moto d'Amélie. Mais au lieu de l'épaisse chevelure blonde d'Amélie, c'est la tignasse rousse de Basile que je vois apparaître au bout de chemin.
-Tu as pris la moto d'Amélie, dis-je une fois qu'il est à ma hauteur.
-Quelqu'un a pris ma voiture, dit-il tranquillement.
Je souris sans savoir quoi dire.
-Le lac est d'une beauté morbide, ce soir, énonce-t-il après un silence.
-Espèce de romantique à la manque, dis-je doucement.
Le rire de Basile résonne sur le lac, tandis que je sens sa main se glisser dans la mienne.


Slow it Down (Amy MacDonald)



A bientôt !

dimanche 20 mars 2016

Les rêveries du dimanche #11

Bonjour !

Tous les dimanches, nouvelle publication d'un récit (en langue française) d'un jeune romancier français, ou plutôt une jeune romancière française puisqu'il s'agit de moi : Zoé Herzine Hoibian-Labonne.
Je vous rappelle que j'ai 16 ans, que je suis instruite en famille pour le moment depuis 10 ans et que j'ai pour passion la lecture et l'écriture. Me voici donc apprentie écrivain de langue française. Vous pourrez me lire chaque dimanche dans mon récit de jeune romancier français en herbe !

Voici donc les rêveries du dimanche #11 !

Pour cette rêverie, je me suis inspirée d'une chanson que j'aime énormément, Carry on Wayward Son de Kansas.




D'une chanson, une vie




" J'ai toujours aimé cette chanson, mais récemment, je me suis rendu compte que ses paroles résonnent étrangement avec ma vie.

"Carry on my wayward son, there'll be peace when you are done, lay your weary head to rest, don't you cry no more..."

Mon téléphone vibre dans ma poche. Je décroche : c'est mon amie Alex.
-George, où es-tu ?
-Bonjour Alex. Ça va ?
-Oh, c'est bon ! - la voix agacé d'Alex me fait sourire - Bonjour, je vais bien, où es-tu ?
-Je suis allé la chercher.
-A pied ?!
-Oui. Comment voulais-tu que je fasse ?
-Eh bien, pour commencer, tu aurais pu m'appeler et je serais venue avec toi. Après tout, Laelle est aussi mon amie.
-Sauf qu'elle est un peu plus qu'une amie pour moi, Alex !
Un léger silence suit, puis Alex continue :
-Bon, où es-tu ? Je viens te chercher.
-Alex, tu ne me feras pas rentrer. J'irais chercher Laelle.
-Bon Dieu, qu'il est têtu ! Je ne veux pas te faire rentrer. Je veux juste y aller avec toi. Déjà qu'en voiture, ça nous prendra deux bons jours, à pied... Dis-moi juste où tu es et je te rejoins avec la Chevy.
Après avoir approximativement indiqué à Alex ma position, je raccroche et continue de marcher, non sans avoir rajusté la position de mon (lourd) sac à dos sur mes épaules.

"Once I rose above the noise and confusion, just to get a glimpse beyond this illusion..."

Environ trois quart d'heure plus tard, une vieille voiture bleue-grise arrive derrière moi. Sa Chevrolet Impala '65 fait la fierté d'Alex qui en vante les qualités pendant des heures à quiconque a le malheur de mettre le sujet sur la table.
-Allez, monte !, me lance mon amie en m'ouvrant la portière.
Je dépose mon sac à l'arrière avant de m'asseoir à côté d'Alex, qui démarre aussitôt. Pendant qu'elle conduit, je me surprends à la regarder. J'aime bien son style un peu fou avec ses cheveux teints en violet et ses ongles abondement vernis qui contrastent ses goûts vestimentaires classiques : chemises et jeans.
-Je peux mettre de la musique ?, je demande.
Alex acquiesce en silence.

"Though my eyes could see, I still was a blind man, though my mind could think, I still was a madman..."

-Encore cette chanson ?
-Je l'écoute en boucle, je sais... Mais elle me fait penser à Laelle. Et puis les paroles vont bien avec ma vie.
-Tu te rends compte que chaque chanson que tu écoutes te fait penser à Laelle ?
-Ce n'est pas ma faute si tout me fait penser à elle !
En disant cela, je me rappelle notre première rencontre, à Laelle et moi : Alex m'avait convaincu de l'accompagner dans un bar. J'avoue que ce n'est pas mon genre d'endroit préféré, mais elle était tellement enthousiaste que j'avais fini par accepter.
Pendant qu'Alex dansait, la fille à côté de moi m'avait dit :
-Excusez-moi de vous déranger, mais vous venez souvent ici ?
-Non, en fait, c'est la première fois, avais-je répondu. Pourquoi ?
-Parce que ce n'est pas vraiment mon genre de bar, alors je me demandais ce que lui trouvaient les habitués.
-Je ne sais pas, avais-je souri. Je ne suis pas un habitué.
-Je vois, vous êtes juste venu avec votre petite amie, avait-elle dit alors qu'Alex revenait vers nous.
-Pas du tout, avait rétorqué cette dernière. Il est libre. Je préfère les filles, avait-elle ajouté avec un sourire.
-D'accord. Alors, je peux vous l'emprunter pour quelques minutes ?
-Bien sûr, s'enthousiasma Alex avant de me souffler : vas-y !
Nous passâmes le reste de la soirée, Laelle - puisque j'appris que c'était son nom - et moi, à discuter musique, livres et plein d'autres choses.
-A quoi tu penses ?, demande soudain Alex, coupant court à mes pensées.
-Je me remémorais la nuit où j'ai rencontré Laelle.
-Qui est aussi la nuit où j'ai rencontré ma Nina, soupire amoureusement Alex.
-Ah oui, sur quelle chanson, déjà ?
-Metallica, Nothing Else Matters.
-Rien d'autre qu'elle.
-C'est sûr..., rit Alex.
Mon amie appuie sur l'accélérateur de la Chevy.
-On arriver, Laelle, on arrive, je murmure pour moi même.

"I hear the voices when I'm dreaming, I can hear them say : carry on my wayward son, there'll be peace when you are done, lay your weary head, don't you cry no more..."


Carry on Wayward Son (Kansas)




A bientôt !

dimanche 13 mars 2016

Les rêveries du dimanche #10

Bonjour !

Tous les dimanches, nouvelle publication d'un récit (en langue française) d'un jeune romancier français, ou plutôt une jeune romancière française puisqu'il s'agit de moi : Zoé Herzine Hoibian-Labonne.
Je vous rappelle que j'ai 16 ans, que je suis instruite en famille pour le moment depuis 10 ans et que j'ai pour passion la lecture et l'écriture. Me voici donc apprentie écrivain de langue française. Vous pourrez me lire chaque dimanche dans mon récit de jeune romancier français en herbe !

Voici donc les rêveries du dimanche #10 !

Pour cette rêverie, je me suis inspirée de deux portraits que j'ai pris durant la manifestation du 9 mars contre la loi Travail.



Elle regarde



Elle a levé la tête pour se vider le regard de la foule qui tourne autour de la Grand Place. Elle, elle s'est assise sur un de ces gros cubes hideux qui décorent la place et qui représentent ce que certains appellent l'"art". Le granit froid et gris lui gèle lentement les fesses, mais elle ne bouge pas. Elle se contente de rajuster le foulard qui lui protège le cou du vent. Si elle descendait de son perchoir, la foule la paralyserait et engloutirait son énergie, lui laissant des cernes sombres sous les yeux.
Alors elle prend de la hauteur et analyse les visages fermés qui passent en-dessous d'elle. Elle observe leurs démarches, leurs vêtements, leurs regards. Souvent, aux heures de pointe, elle voit passer les mêmes personnes. Cadres en tailleurs tenant fermement leurs attaché-cases, ouvriers en bleu de travail, lycéens séchant les cours, cigarettes aux lèvres...
Mais un jour, un jeudi il lui semble, elle remarque un nouveau visage dans la foule. Un jeune homme avec un sweat-shirt gris clair à capuche.


Son visage est à la fois calme et inquiet. Tandis qu'elle l'observe, il fait ce que personne n'a jamais pensé à faire : il la regarde dans les yeux. Elle sursaute et détourne rapidement le regard. Elle fait bien attention à ne pas être trop repérable quand elle regarde de nouveau dans la direction du garçon. Mais il n'est plus là. Elle émet un léger soupir de déception, quand elle sent soudain une pression sur son épaule gauche. Elle se retourne pour se retrouver nez-à-nez avec le jeune homme au sweat-shirt gris.
-Salut, moi c'est Dan. (Ses yeux verts papillonnent un peu.) Et toi ?
Contrairement à ce qu'elle pensait, elle répond sans hésiter, se surprenant elle-même.
-Cassandre.
-Tu viens souvent ici, Cassandre ?
-Quand je peux, ça me permet de penser à autre chose qu'au quotidien.
Elle ne sait pas vraiment pourquoi elle a dit ça. Ce n'est même pas complètement vrai. Elle vient aussi pour regarder. Mais elle ne sait pas s'il peut comprendre.
-Moi, je viens ici pour regarder les gens, des fois, dit-il.
Cassandre sourit et examine le visage de Dan. Les sourcils lisses, la barbe naissante, ce grain de beauté en haut de la lèvre supérieure droite, les cernes qui se dessinent doucement sous ses yeux verts...
-Tu comptes rester là pendant longtemps ?, demande soudain Dan.
-Je ne sais pas. Où irions-nous ?
Cassandre ne se rend compte qu'après l'avoir dit qu'elle a automatiquement inclus Dan dans sa phrase.
-Je ne sais pas, dit-il en haussant les épaules. On verra bien.
Cassandre lève un sourcil.
-Allons-y.


As it Seems (Lily Kershaw)




A bientôt !