dimanche 17 janvier 2016

Les rêveries du dimanche #4

Bonjour !

Tous les dimanches, nouvelle publication d'un récit (en langue française) d'un jeune romancier français, ou plutôt une jeune romancière française puisqu'il s'agit de moi : Zoé Herzine Hoibian-Labonne.
Je vous rappelle que j'ai 16 ans, que je suis instruite en famille pour le moment depuis 10 ans et que j'ai pour passion la lecture et l'écriture. Me voici donc apprentie écrivain de langue française. Vous pourrez me lire chaque dimanche dans mon récit de jeune romancier français en herbe !

Voici donc les rêveries du dimanche #4 !



L’œil de la lunette




L'homme s'assoit sur une chaise, un sandwich à la main. Il a laissé la porte ouverte et les dernières lueurs du jour viennent jouer avec les grains de poussière qui s'élèvent dans l'air. L'homme rit de les voir virevolter comme des graines de pissenlit. L'homme mange tranquillement son sandwich, s'interrompant parfois pour regarder de loin la lunette de presque six mètres de long qui pointe vers le ciel. Il se lève soudain pour ouvrir le coupole du toit de l'observatoire. Quand il accomplit ce geste familier, il a toujours l'impression de tendre la main aux ténèbres, de les inciter à se poser sur le ciel. Dans deux heures, quand la nuit sera bien tombée, il pourra admirer les splendeurs de la nuit. Mais en attendant, il feuillette distraitement un livre posé sur la table près de la porte ou il met le nez dehors pour caresser un chat errant.
Cet homme s'appelle Gabriel, il est scientifique spécialisé en astronomie et passionné depuis très petit par les pulsars, ces étoiles à l'agonie qui balaient l'univers d'ondes radio, à la manière d'un phare. Il pense sûrement, dans son observatoire perdu au fin-fond du Puy de Dôme, à toutes les merveilles que la nuit lui réserve.
Il pense sûrement à l'incroyable chance qu'il a, de pouvoir voir et comprendre plus loin que les étoiles. Pendant qu'il règle ses instruments, l'obscurité envahit la campagne environnante. Gabriel ferme la porte, enfile un deuxième pull et se concentre sur son étoile, la première qu'il ait jamais observé : Rigel, la super-géante bleue de la constellation d'Orion. Petit, il pouvait passer des heures, dans le noir, à regarder cette constellation et à prononcer les noms de ces étoiles comme une incantation : Rigel, Bellatrix, Bételgeuse, Alnitak, Alnimal, Mintaka, Rigel, Bellatrix... C'est sans doute la chose qu'il préfère : le nom des étoiles. À chaque nuit qu'il passe dans l'observatoire, il ne peut s'empêcher de les appeler doucement tandis qu'il porte son regard (et sa lunette) sur elles.
Et tandis que Gabriel fait le tour de la Voie Lactée, il pense aux générations de femmes et d'hommes qui ont, un jour, levé la tête et éprouvé ce sentiment unique d'appartenir à un tout gigantesque et beau. Cette sensation qui vous emplit le ventre d'un coup de toute la beauté, la complexité et l'immensité de l'univers.
Cette sensation qui vous murmure de vous mettre debout et du bout des doigts, d'aller toucher les étoiles.


Un grain de poussière (Jacques Higelin)




Cette rêverie et (particulièrement) sa dernière phrase sont un hommage à Moka et à son livre "Un phare dans le ciel" qui est sans aucun doute un de mes livres préférés ! La dernière phrase du livre de Moka est ; "Et tout le monde vit que, du bout de ses doigts, il touchait les étoiles."


A bientôt !

lundi 11 janvier 2016

Les rêveries du dimanche #3

Bonjour !

Tout d'abord, j'espère que vous avez tous passé d'excellentes fêtes de fin d'année !

Tous les dimanches, nouvelle publication d'un récit (en langue française) d'un jeune romancier français, ou plutôt une jeune romancière française puisqu'il s'agit de moi : Zoé Herzine Hoibian-Labonne.
Je vous rappelle que j'ai 16 ans, que je suis instruite en famille pour le moment depuis 10 ans et que j'ai pour passion la lecture et l'écriture. Me voici donc apprentie écrivain de langue française. Vous pourrez me lire chaque dimanche dans mon récit de jeune romancier français en herbe !

Voici donc les rêveries du dimanche #3 !



Petite Meg




Le ronronnement, puis le cliquetis caractéristique de la chaudière me réveille. J'ai du m'endormir dans mon fauteuil, encore une fois. Je regarde ma montre : 21 h 32. La nuit est tombée. Je saisis les accoudoirs de mon fauteuil et me lève. Ma hanche émet un court craquement sec, je sursaute et manque de retomber assis. La situation est assez ridicule. Ce n'est pas toujours drôle d'être vieux, et puis, je voudrais bien vous y voir ! Je me dirige vers la cuisine, juste au moment où Meg rentre des courses, deux gros sacs à la main. Elle les pose sur la table et me regarde attentivement avant de déclarer :
-Papi Art, tu t'es encore endormi dans ton fauteuil ! Tu ne vas pas dormir de la nuit !
Quand elle s'agace, ma petite-fille me fait immanquablement penser à sa mère, Isobel. Elles ont le même physique avec de courts cheveux blonds et une tendance pour les gourmandises, ce qui les rend rapidement rondouillettes. Meg semble lire dans mes pensées et dit encore :
-Et ne dis pas que je ressemble à Maman quand je m'agace !
-Tu as oublié mon café, je grommelle en fouillant dans le sac.
Meg fronce les sourcils et vérifie ses achats.
-En effet, admet-elle.
-J'irais m'en chercher, je déclare.
-Ah non ! Papi Art, on s'était mis d'accord sur le fait que tu ne conduirais plus.
Depuis que j'ai voulu éviter un lapin et ai fini dans le fossé en allant à la ville, Meg ne me laisse même plus approcher le côté conducteur de notre vieille guimbarde. Je regarde encore les achats de ma petite-fille et m'étonne :
-Cinq pots de lemon curd !? Mais qu'est-ce que tu va bien pouvoir en faire ?
-Je vais m'en régaler, qu'est-ce que tu crois ?, me rétorque-t-elle.
Meg est gourmande, j'ai eu le temps de le remarquer : ça fait presque vingt ans qu'elle vit chez moi ! Vingt ans depuis que mon Isobel s'est éteinte dans ce stupide accident d'avion. Vingt ans depuis que sa boule d'énergie de fille est venue vivre chez son "Papi Art". Mais même en vingt ans, cinq pots de lemon curd d'un coup, c'est une première ! Pendant que je l'observe, Meg fait réchauffer le risotto d'hier. Je mets la table, puis j'allume le feu dans la cheminée tout en bougonnant dans ma barbe contre les allumettes trop humides ou le bois trop sec qui brûle trop vite. 
Une fois le repas terminée, Meg va se chercher une tartine de lemon curd et me dit solennellement : ---Papi Art, il y a quelque chose d'important dont je voudrais te parler.
Je sens à son ton qu'une plaisanterie ne serait pas de mise.
-Vas-y. Tu n'as pas besoin de faire de secrets avec moi.
Meg s'installe un peu mieux dans son fauteuil et commence :
-Tu te souviens de mon amoureux, Sam ?
-Bien sûr. Tu l'avais invité à dîner. Et puis, tu dors souvent chez lui, tu crois que je pourrais l'oublier ? Pourquoi - une pensée me vient d'un coup - il veut te quitter ?
-Quoi ? Non, non..., Meg rit. Au contraire...
-Tant mieux, la coupe-je. C'est un bon gars.
-Bon, je peux te dire ce que j'ai à te dire, oui ?, s'impatiente Meg.
-Oui, oui. Bien sûr, vas-y.
-Papi Art, je... Enfin, Sam... Nous... Je suis enceinte.
Je ne l'avais pas vu venir celle-là ! Ma petite-fille, enceinte ! En même temps, et en réfléchissant mieux, ça explique les cinq pots de lemon curd... Et puis, Meg s'est récemment acheté une nouvelle garde-robe, ce qui ne lui arrive pas souvent. Maintenant que je sais ce qui se passe, une foule de petits détails me reviennent : ses petits casse-croûtes au beau milieu de la journée (ou de la nuit) ; ses longues conversations au téléphone le soir avec Sam, quand elle est là ; ses interrogations sur les prénoms et leurs sonorités...
-Eh bien, dis-je finalement, voilà ce qu'on appelle une surprise !
-Tu n'es pas..., hésite Meg.
-Pas quoi ? Pas content ?
Ma petite-fille fait oui de la tête.
-Tu plaisantes, continue-je, je suis au septième ciel ! Je crois déjà entendre les anges ! (L'humour a fonctionné : Meg rit.) Allez, viens-là, petite Meg !
J'ouvre mes bras.
-Petite Meg et le bébé, ajoute-t-elle en boudant.
-D'accord, je souris. Petite Meg et le bébé.


En Cloque (Renaud)




A bientôt !

dimanche 10 janvier 2016

Message exceptionnel !

Oyez, oyez !

Suite à un léger retard d'écriture de la dénommée Zoé Herzine, la publication de l'article de notre nouvelle catégorie hebdomadaire "Les rêveries du dimanche" sera effectuée demain à la première heure !

A bon entendeur, salut !

...Et à demain !



dimanche 3 janvier 2016

Les rêveries du dimanche #2

Bonjour !

Tout d'abord, j'espère que vous avez tous passé d'excellentes fêtes de fin d'année !

Tous les dimanches, nouvelle publication d'un récit (en langue française) d'un jeune romancier français, ou plutôt une jeune romancière française puisqu'il s'agit de moi : Zoé Herzine Hoibian-Labonne.
Je vous rappelle que j'ai 16 ans, que je suis instruite en famille pour le moment depuis 10 ans et que j'ai pour passion la lecture et l'écriture. Me voici donc apprentie écrivain de langue française. Vous pourrez me lire chaque dimanche dans mon récit de jeune romancier français en herbe !

Voici donc les rêveries du dimanche #2 !



Les sens du renard




Il s'arrête. Il sent les effluves d'odeur qui lui arrivent par à coup. Le renard sait bien que c'est une forêt. Il y a l'odeur, lointaine, mais bien vivace, des feuilles mortes, de l'humus frais et ce mélange inimitable de pourriture et de sécheresse. Il y a le froid brut des troncs que le soleil de midi n'a pas pu réchauffer. Il y a l'odeur lointaine, furtive, d'un écureuil. Le parfum âcre des poils et la senteur attirante du sang chaud. Il y a les bruissements, les piaillements, les hurlements, les gémissements, les craquements, les grincements, tous ces bruits qui assaillent ses oreilles. Il y a le minuscule vrombissement qu'il sent sous ses coussinets.
Peut-être sont-ce les insectes qui s'agitent. Peut-être sont-ce les racines des arbres qui poursuivent leur lente exploration du sol. Peut-être est-ce la multitude d'êtres vivants qui s'accaparent dans l'immensité ombragé des arbres.
Il n'y a pas besoin d'être près. Près, ce ne serait pas pareil. Trop d'informations parviendrait au renard. Alors, il ignorerait. Il ignorerait ce qu'il peut sentir, voir, goûter, même. Il ignorerait cette saveur douceâtre qui lui arrive en plein museau, poussé par le vent. Il ignorerait qu'il y a des champignons encore un peu frais, des baies écrasées par les sangliers, des ronciers impénétrables où se régalent les oiseaux et les rongeurs. Mais le renard n'ignore pas. Alors il sait. Il sait que malgré le manque d'hospitalité des hautes ramures, il y a là de quoi se nourrir. Il sait que malgré les feuilles sèches qui le trahiront, il pourra chasser.
Mais il le sait aussi parce qu'il le voit, ça, le renard. Il voit l'ensemble des arbres, agglomérés au point qu'ils semblent ne former qu'un gros buisson. Il voit les feuilles mortes qui s'élèvent au gré du vent. Il voit les branches presque nues, secouées et bringuebalées.
Le renard est loin. Mais il voit. Il sent. Il flaire. Il goûte. Il sait. Alors, il s'approche.


Riverside (Agnes Obel)




A bientôt !

dimanche 27 décembre 2015

Les rêveries du dimanche #1

Bonjour !

Aujourd'hui, je vais lancer une nouvelle catégorie sur ce blog de jeune écrivain francophone. Tous les dimanches, nouvelle publication d'un récit (en langue française) d'un jeune romancier français, ou plutôt une jeune romancière française puisqu'il s'agit de moi : Zoé Herzine Hoibian-Labonne.
Je vous rappelle que j'ai 16 ans, que je suis instruite en famille pour le moment depuis 10 ans et que j'ai pour passion la lecture et l'écriture. Me voici donc apprentie écrivain de langue française. Vous pourrez me lire chaque dimanche dans mon récit de jeune romancier français en herbe !
Ici, le démarrage a été un fragment d'un rêve. Si possible, j'accompagnerai le texte d'une illustration et d'une chanson.
Bienvenue, donc, dans les rêveries du dimanche !



Les étoiles de l'asphalte




Une route. Une route simple, sans marquage, d'un asphalte noir-bleuté. Une route un peu fatiguée qui remplit encore sa fonction. 
D'un côté, une forêt à l'image de la route. Simple. Composée de vieux sapins rustiques. Leurs aiguilles sur le sol créent un tapis légèrement mou qui absorbe les bruits. Ceux qui sont les plus près de la route dressent leurs racines qui soulèvent lentement le bitume. Les arbres sont têtus. Dans très longtemps, quand la route ne sera plus que poussière, ils seront encore là, à exhiber leurs plus belles branches et à lancer leurs racines toujours plus loin.
De l'autre côté de la route, sans transition aucune, il y a l'espace étoilé d'une nuit d'hiver. Et milieu de ce ciel, une supernova affiche ses couleurs chatoyantes.
Une voiture arrive. Elle s'arrête près des arbres. C'est une belle vieille voiture, d'un bleu clair qui semble être fluorescent à la lumière de la supernova. Une Chevrolet Impala '65. Une jeune femme en sort, rapidement suivie d'un jeune homme.
Elle a les cheveux bruns, longs et lâchés. Elle s'approche du bord de la route, côté cosmos, les mains dans les poches de son trench-coat beige clair. Ses mèches ondulent avec le vent qui est arrivé en même temps qu'eux.
Lui, il a les cheveux noirs, courts et un peu décoiffés. Il s'est adossé à la Chevy, côté sapins, les mains dans les poches de son blouson en cuir noir. Des aiguilles de sapins s'envolent, poussées par le norois.
Pendant un moment, rien de particulier ne se passe. La supernova s'élargit, comme une fleur qui s'ouvre. Le trench-coat de la fille et le blouson du garçon battent doucement avec le vent, à l'unisson. La Chevy luit. Les arbres chuchotent aux étoiles. La supernova englobe maintenant tout le ciel, peignant le paysage de vert et de bleu. La jeune femme au trench-coat se retourne et regarde tranquillement le jeune homme et la Chevy. Elle s'approche, il lui prend la main. Ils s'embrassent langoureusement. Les arbres bruissent, baignés de lumière.


Le Vent Nous Portera (Sophie Hunger)




A bientôt !

mercredi 9 décembre 2015

Avec mes mains

Bonjour !

Aujourd'hui, je voudrais vous présenter la boutique en ligne de ma maman (son site ici !) et particulièrement une "collection" particulière car elle regroupe tout ce que j'ai tricoté (ou cousu) moi-même.
Je me permets juste de préciser que, si que la boutique est techniquement celle de ma maman, l'argent de la vente de doudous et mobiles que j'ai tricoté me reviendra. :)

Et oui, mes mains ne font pas qu'écrire, elles tricotent, crochètent et cousent également !

Voilà le lien de la "Collection" ! (Les frais de port sont offert pour Noël ! ^^)

Et un petit aperçu de ce que vous pourrez trouver dans cette collection !


Un mobile pour bébé 


Une famille de canards 


Une famille de cochons 

Une famille de moutons


Un autre mobile pour bébé ^^


 Des peluches lapins...



Et un authentique stégosaure ! ;)



A bientôt !

dimanche 6 décembre 2015

Mots libres...

Bonjour à tous !

Aujourd'hui, je vais juste écrire quelques petits textes pour accompagner quelques images...

(Toutes les photos et tous les textes sont de moi. Merci de ne pas copier-coller. ^^)



Juste un regard,
se perdre dans des yeux ou un océan,
qu'importe.



Elle s'est perdue,
Dans un ciel d'orage,
Et dans un sourire.



 S'envoler, tomber, quelle différence ?
Peut-être que nous tombons tous et que nous n'avons juste pas encore atterri,
Dans les étoiles...



 Tenir en équilibre.
Et essayer de sentir
Sa propre gravité.



S'aventurer en terrain inconnu,
Comme plonger dans un livre,
Ou dans une forêt.



 La lumière est la plus belle forme de beauté.



 Les idées sont comme la lune : il faut trouver leur face cachée pour les voir en entier.



La limite des rêves est sans doute leurs réalisations. 
Ou le sommeil. 



Les rêves sont la peau des émotions d'hier.